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17 mars 2013

Adieux à Being Human

Saison 5, épisode 3. Tom s’est retranché dans les bois, abattu. Ses insécurités, jusque-là brillamment esquissées, sont venues le frapper de plein fouet : sa condition de loup-garou le condamnerait-elle à rester un raté toute sa vie ? Hal et Alex, à l’entrée de la tente, essaient de lui faire entendre raison : il est le meilleur homme qu’ils aient connu.
Cette simple scène m’a plus émue que toutes les tragédies que m’avait offertes la série jusqu’ici, à commencer par la mort de ses personnages principaux.

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J’ai rencontré Mitchell, George et Annie il y a très longtemps, Mitchell et Annie n’étaient même pas encore Mitchell et Annie – et Being Human pas encore une série. Je les ai aimés le temps d’une saison, puis je les ai abandonnés, comme je sais si bien le faire. C’est qu’en débutant la deuxième saison, j’avais perdu toute sympathie pour Mitchell et George. Annie, toujours formidable, n’était pas suffisante. Il m’a fallu plusieurs années pour finir cette saison, il m’a fallu les promesses du nouveau casting (et d’autres arguments qui ne manquent jamais d’attirer mon attention).

Je suis tombée amoureuse de Hal, bien sûr, comment ne pas. Il ne déploie pourtant ses charmes que très progressivement : après la déception (c’est lui, le Hal ?), le rire (qu’a provoqué chez moi son irrésistible psychorigidité), quand il devient un formidable ami pour Tom, je me suis franchement attachée.
S’il fallait que je choisisse mon personnage préféré, ce serait probablement Tom. Aussitôt fascinée par cet incroyable mélange d’innocence et de dureté, c’est pour lui que j’ai terminé aussi vite la troisième saison (et pour le merveilleux McNair) (et la fantastique Nina). Aucun personnage ne m’a autant touchée.
Et Alex, l’Ecossaise garçon manqué, toute en charme et en sarcasmes, je l’ai aimée dès que je l’ai rencontrée. Le peu de temps passé avec elle figure en haut de la pile de regrets que je nourris à l’égard de cette série.

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Est-ce parce que la première saison de Being Human est loin, très loin derrière moi, que je n’ai jamais complètement embrassé la suite de la série ? Je ne garde de cette première saison que le souvenir d’instants magiques de quotidien entre un vampire, un loup-garou et un fantôme, et le reste de la série, avec ses excès dramatiques, ne fut jamais à l’image de ce souvenir. Jamais à la hauteur des attentes finalement faussées que j’avais placées en elle.
Je renie les machinations d’Herrick, le massacre du Box Tunnel 20, la prophétie autour d’Eve, et même l’éternelle question « doit-on révéler l’existence des créatures surnaturelles au reste de l’humanité ? » Je ne nie pas que certaines de ces intrigues nous ont offert de bons moments, et de bons personnages (je pense à toi, Cutler) mais, à mes yeux, les enjeux étaient trop énormes pour une série dont la magie ne résidait pas là.

La cinquième saison restera probablement ma préférée. L’intensité dramatique de scène de la forêt prouve, pour moi, que les simples perspectives d’avenir de nos personnages (ici Tom, mais Alex également) constituent des enjeux suffisants. Et si j’ai poussé un soupir d’exaspération quand les scénaristes nous ont ressorti, pour Hal, l’histoire du vampire qui n’arrive pas à décrocher, ils l’ont transformée en une puissante intrigue d’addiction et de schizophrénie, gardant l’intrigue ancrée dans ce qui fait sa force, la question de l’être humain. To want it is to have it.

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C’est justement la question de l’être humain qui m’empêche d’aimer vraiment la fin de la série. La bonne idée de la cinquième saison fut d’introduire un concept fort, le Diable, tout en maintenant son influence ténue au fil des épisodes. Excepté le dernier où, tout à coup, le monde entier va sombrer dans le chaos. Pas ma tasse de thé, mais pourquoi pas. Non, ce qui a du mal à me satisfaire, c’est la toute fin. Le happy end, je suis toujours pour. L’idée du rêve instillé par le Diable, je trouve l’idée très forte. Mais dépouiller ces personnages de leur condition surnaturelle, ça me frustre au-delà du raisonnable. Même si l’idée qu’Alex soit à nouveau vivante est merveilleuse. Même si Tom va pouvoir mener la vie qu’il mérite tant. Même si le moment où Hal redécouvre son reflet dans le miroir est bouleversant. Bon, d’accord, ce avec quoi je me bats vraiment, c’est l’idée que ce soit terminé.

24 février 2013

Suits et sa mauvaise fin de saison 2

Il y a peut-être, dans le manuel du parfait scénariste de séries télé, cette ligne : ne jamais s’écarter de son concept de base. Mais c’est a priori ce concept-ci ­– Mike Ross, délinquant brillant, se fait passer pour un avocat dans une grande firme newyorkaise, sous l’aile de son mentor, le talentueux et arrogant Harvey Specter – qui a tiré la pourtant très bonne saison 2 de Suits vers le bas. Et m’en a gâché le dernier épisode.

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La première saison, bien que lointaine dans mes souvenirs, me laisse le sentiment d’une succession de délicieux épisodes mettant en scène le plus savoureux des avocats du petit écran actuellement, et de son sidekick super intelligent. Oui, Mike était celui qui nous introduisait dans l’univers de la série, mais Harvey en constituait tout l’intérêt. Leurs échanges me réjouissaient, semaine après semaine, quand bien même je n’y entendais rien en procédures légales.
Puis vint la deuxième saison, un parfait premier épisode que j’ai déjà évoqué, et le signe que nous passions à la vitesse supérieure. Mettant l’accent sur la relation Harvey/Jessica, cet épisode nous annonçait une saison peut-être plus intelligente, plus émotionnelle, basée en tout cas sur des relations plus complexes : Jessica et Harvey, Jessica et Daniel, Harvey et Donna, Harvey et Louis, Harvey et son arrogance nocive. Avec le recul, je me rendais compte que la saison 1 et la relation entre Harvey et Mike n’était qu’un amuse-bouche.

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J’ai eu l’occasion de l’écrire ici : Mike n’est pas, et de très loin, mon personnage préféré. Il a certes ses bons moments. Il y a quelques épisodes de ça, j’étais bien derrière le couple qu’il formerait peut-être un jour avec Rachel, mais le will they/won’t they est une technique narrative qui a fait son temps, et j’étais passée à autre chose. Alors me donner en toute fin de saison, telle une offrande au spectateur méritant, une scène pseudo-sulfureuse pour une relation qui me laisse désormais indifférente, quelle douche froide ! C’est ici que résidait donc tout l’intérêt de la saison 2 ? Dans cette relation et dans le désespoir un peu limite qu’éprouve Mike d’avoir perdu un ami/mentor qu’il a trahi (chose par ailleurs pas terriblement crédible, mais ce ne fut pas la seule cet épisode) ? C’était ça, la saison 2 ? Pardon, je n’ai dû assez prêter attention à ce qui se passait sur mon écran pendant 16 épisodes. L’adorable tête d’Harvey Specter a dû me distraire.

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La saison 2 fut pleine de grandes choses. La première partie surtout, car la deuxième fut plombée par une écriture un peu hasardeuse, notamment du personnage d’Harvey et des quelques tentatives peu réussies de le forcer dans une relation amoureuse. (J’adore bien sûr l’idée mais, pour le moment, aucune de ces tentatives ne sonne aussi naturelle que ses autres relations, beaucoup mieux traitées.) La saison 2 fut pleine de grandes choses, et aurait pu se terminer en apothéose : le point culminant du conflit grondant entre Harvey et Jessica, conflit qui pour moi a sous-tendu toute la saison. Je l’espérais, je le redoutais : en guise de cliffhanger, Harvey qui claque la porte de Pearson Hardman, est-ce que ça n’aurait pas eu plus de gueule que du Rachel/Mike ? Et plus de cohérence, au regard de ce que fut cette saison ? Mais non, et si on revenait au concept de base, Mike est notre personnage principal, blablabla.

Écrit par Saru dans Presque une review | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suits

11 novembre 2012

De Faith et de la difficulté d’écrire un article de blog

Je suis un indécent nombre de blogs. Je me demande parfois si je ne consacre pas plus de temps à lire les sentiments que provoque une série chez un spectateur qu’à regarder ladite série. Et parmi tous ces blogs, il ne me semble pas avoir souvent rencontré le texte qui décrit le processus d’écriture. J’ai lu des billets sur l’inspiration et ce qui la provoque et j’adore lire ceux qui explorent les motivations du blogueur. Mais qu’en est-il de l’écriture, quand le blogueur-spectateur (ou lecteur, ou voyageur, ou amateur de mode…) s’assoit devant son ordinateur, prêt à partager tout le bien ou le mal qu’il pense de tel épisode, tel personnage… ?
C’est l’envers du décor, ça n’intéresse peut-être personne ; de mon côté, j’ai toujours regardé les bonus des DVD.

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Par exemple, ce début d’article… combien d’heures pour en arriver là ? Oui, ça se compte en heures. Si je ne suis pas une blogueuse très productive, ce n’est ni par manque de temps, ni par manque d’inspiration : c’est qu’il me faut un absurde nombre d’heures pour écrire quelques lignes.
Pour ce début d’article, donc, l’histoire commence il y a une semaine, quand je finis Faith. De toute évidence, il fallait que j’en dise quelques mots ici, je n’allais pas tout de même pas m’en tenir à vanter les atouts physiques de Lee Min Ho. D’autant plus qu’en 24 épisodes, Faith m’a comblée, m’a frustrée, m’a laissé entrevoir toutes ses fantastiques ambitions et m’a laissée avec le goût amer d’un potentiel gâché. Ça en faisait, des choses à écrire.
Il y a une semaine, je commence à réfléchir. Ça fait longtemps que j’ai abandonné mes velléités d’écrire de vraies critiques – j’en suis incapable. Sous quel angle, donc, puis-je aborder ici cette série ? Profiter d’un article pour évacuer toutes mes frustrations ? Même si dire trop de mal de ce drama ne rend pas justice à toute l’affection que je lui porte malgré tout ? Lister ce que j’aurais aimé qu’il me donne ou lister tout ce que j’y ai aimé ne fait que me ramener à mes frustrations. Aborder le thème de la subjectivité : aurais-je autant aimé cette série bourrée de défauts si Lee Min Ho n’en avait pas tenu l’un des rôles principaux ? Mais combien de fois ai-je déjà suivi cette piste ?
J’ai finalement retenu la piste thématique : la magie, l’Histoire, les intrigues politiques, l'amour, le voyage dans le temps…

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De mes études, j’ai l’impression que le seul véritable enseignement littéraire que j’ai retenu est le suivant : « soignez vos introductions ! » J’ai retenu le principe, mais son exécution ne m’est pas aisée pour autant. Avant d’écrire un texte, je peux réfléchir pendant des jours à son introduction. Je me la joue dans ma tête, jusqu’à ce que j’en sois assez satisfaite pour la coucher sur ma page.
Quelques jours plus tard, l’importance d’écrire un article sur un quelconque sujet devient toute relative : j’ai changé d’horizon. Aujourd’hui, par exemple, Gaksital plutôt que Faith : Choi Young s’éloigne, Lee Kang To occupe quasiment tout mon champ de vision. Combien d’articles de blogs ainsi abandonnés parce qu’à force de repousser l’écriture, le sujet n’est à mes yeux – à mon cœur infidèle – plus d’actualité ? Je préfère ne pas compter.
Pourquoi autant de préparation, autant de temps ? Parce que je ne reçois pas une série avec le cerveau mais avec le cœur et que mettre en mots des émotions n’a jamais vraiment été mon fort. Et les mots, c’est important, tout autant que les images.

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Je suis donc devant mon écran, avec mes thématiques prêtes à être abordées, et je cherche mes mots.

MAGIE. Je veux dire l’absurdité derrière l’existence de la magie dans l’univers de la série, son incohérence vis-à-vis de l’Histoire qu'elle semble vouloir raconter.

VOYAGE DANS LE TEMPS. Je veux évoquer l’exécution plutôt réussie d’un concept généralement casse-gueule mais, également, son potentiel quasi-inexploité.

HISTOIRE. Je me découvre cette année un intérêt inattendu pour les dramas qui ne se passent pas au XXIe siècle et je réalise l’incroyable richesse de l’histoire coréenne. Yuan, Goryo : des mots qui aiguisent ma curiosité.

INTRIGUES POLITIQUES. Je me surprends à préférer dans cette série le versant politique de l’intrigue. Je veux exprimer tout mon amour pour l’incroyable personnage du roi (et de sa reine), et sa volonté de construire quelque chose avec le royaume qui lui a été « prêté ».

ROMANCE. Il est intéressant de noter que dans Faith, l’histoire d’amour, alors qu’elle est probablement la partie la plus réussie de la série, n’est pas celle qui m’a le plus fait vibrer. Elle n’est pas épique, elle est simplement composée de moments naturels menés par des personnages bien écrits, et apparaît ainsi au spectateur comme évidente et touchante.

Je suis devant mon écran, devant mes thématiques : j’écris quelques mots, je les efface, ainsi de suite. Ce sont, j’imagine, les tourments de toute personne qui a déjà essayé d’écrire quelque chose dans sa vie : je ressens très clairement ce que je veux exprimer, mais les mots justes, ils sont où ? Je ne veux certainement pas jouer la carte de l’auteur torturé mais si écrire a toujours été un plaisir, ça n’a jamais été une évidence.

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Si j’écris aujourd’hui ce texte, c’est que j’ai passé trop d’heures à essayer en vain de transmettre mes sentiments sur Faith et que j’ai jeté l’éponge. Ce texte est en quelque sorte mon hommage à ces heures perdues – qui le sont du coup un peu moins –, mon hommage à une série ratée au regard de ses ambitions mais plus ou moins réussie au regard de ce qu’elle m’a fait ressentir, et mon hommage à tous ces textes de blogs que je lis quotidiennement : mon hommage à leurs talentueux auteurs.

02 septembre 2012

Political Animals | Personnages féminins, politique et journalisme

Pourquoi ne me suis-je jamais intéressée à une « série politique » ? Quand je repense à la vitesse à laquelle j’ai dévoré la saison 3 de Sur écoute, quand je me rappelle combien je me suis prise de passion pour l’ascension de Carcetti, il me paraît évident que la politique est un matériau rêvé pour une œuvre de fiction. D’ailleurs, Sur écoute n’est-elle pas au fond une série politique ? Et qu’est-ce qu’une série politique ? Bref, je crois simplement que mes penchants pour les séries légères me font naturellement éviter tout ce qui pourrait me ramener les pieds sur terre. Et je ne regarde Sur écoute que parce qu’il y a eu suffisamment de gens pendant suffisamment d’années pour me dire à quel point c’était bien.
Alors donc, tout ça pour dire, je n’étais pas destinée à regarder Political Animals. La série est arrivée à moi au bon moment, au moment où, malgré tout l’amour que je peux porter à mes personnages masculins fictifs préférés, j’avais un peu envie de rencontrer des personnages féminins. (Et au moment où je m’interrogeais sur la capacité de la chaîne américaine USA à faire autre chose que des duos de mecs.) Entre donc en scène Elaine Barrish.

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Honnêtement, le premier épisode, quoique non déplaisant, ne m’a pas passionnée. Je me suis prise d’affection pour Elaine Barrish et ses ambitions, j’ai trouvé sa famille plutôt attachante, mais où était le truc qui allait me convaincre de regarder la série jusqu’au bout ? Peut-être l’intrigue personnelle de Susan Berg, la journaliste intègre et diablement ambitieuse ? J’avoue que c’est l’avant-dernière scène de l’épisode, entre elle et Elaine, qui m’a convaincue de rester. Les voilà, les personnages féminins que j’attendais.

La série m’a fait passer un bon moment, je crois. Je crois, oui, car déjà, tout s’efface : rien ne m’y a vraiment marquée, c’était simplement divertissant. En dehors d’Elaine et Susan, je ne me suis jamais véritablement investie dans ses personnages : le sort du pourtant très sympathique TJ ne m’a jamais vraiment angoissée ; le traitement de Anne, la fiancée de Douglas, fut malheureusement assez anecdotique ; Bud est resté un personnage caricatural… L’écriture de cette série ne m’a en fait pas vraiment impressionnée : quand, par exemple, arrêtera-t-on l’utilisation abusive des flash-backs ? Il y a certainement des moyens de construire une intrigue qui n’impliquent pas de morceler maladroitement ladite intrigue ? Heureusement, Political Animals étant construit comme un soap, les grosses ficelles et les rebondissements rendaient le retour au temps présent assez évident.

Finalement, ce j’ai vraiment aimé dans cette série, fut ce qui me l’avait fait continuer : toutes les apparitions de Susan et son combat pour la vérité et l’intégrité. Comme tout le reste de la série, ces scènes ne font pas vraiment dans la subtilité, mais m’ont fait en un sens regretter que la série ne se soit pas principalement intéressée au milieu journalistique plutôt qu’au milieu politique. Soit dit entre nous : je commence tout juste la saison 5 de Sur écoute, et il est évident que je vais prendre mon pied.

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19 août 2012

Common Law & The Unusuals | Mes séries policières de l’été

Quel est le nombre de séries policières en activité aujourd’hui ? Tous pays confondus ? Un peu trop, non ? En réalité, pour répondre à une question pareille, il faudrait définir le terme « séries policières », et je ne suis pas vraiment là pour ça. En outre, ayant la fâcheuse tendance d’assimiler séries policières et procedural shows, je suis rarement attirée par celles-ci et donc très peu spécialiste. Pourtant, je viens d’en terminer deux. The Unusuals et Common Law, donc.
La beauté de la série policière ­­tient tout de même dans ses 1001 variantes : il faut bien ça, pour convaincre une chaîne d’en diffuser un énième avatar. De ce point de vue-là, Common Law et ses deux inspecteurs de police en thérapie de couple, avait un excellent point de départ, tandis que The Unusuals, avec sa bande de flics très spéciaux, ne brillait pas par son originalité. Pourtant, mettons fin au suspense, c’est la deuxième que j’ai préférée.

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Depuis le début de cet article – détruisons là l’illusion selon laquelle j’écris un article après ample réflexion – j’essaye de retrouver dans les bas fond de ma mémoire les séries policières de type basique/procédural que j’ai regardées et aimées. Pour le moment, seule Bones refait surface : c’était Brennan qui m’avait fait regarder la série pendant quatre saisons, avant que je n’arrête pour incompatibilité romantique. Brennan et les autres allumés du labo (désolée, je n’ai jamais vraiment aimé Booth).
Ce sont forcément les personnages qui me font revenir épisode après épisode, et jamais les enquêtes. (Même si le travail sur les os dans Bones m’a toujours assez fascinée.) Et c’est tout à fait le cas de Common Law : les enquêtes m’ont passablement ennuyée pendant douze épisodes, et si la thérapie de couple était porteuse d’excellentes scènes, même cette intrigue s’est finalement révélée bancale. Ce sont donc bien le charme incroyable de Travis Marks, la psychorigidité hilarante de Wes Mitchell – tout de même des personnalités assez peu travaillées – et leur relation explosive qui m’ont fait finir cette première saison. Je pourrais éventuellement revenir si la série est renouvelée, mais il faudra me faire miroiter un peu plus de consistance.

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The Unusuals n’a eu de son côté qu’une seule saison, et c’est plutôt dommage. L’univers qu’a bâti la série en seulement dix épisodes était prometteur. Sa force à mes yeux n’était donc pas l’originalité de son postulat de départ – une nouvelle flic débarque dans un commissariat pour y débusquer l’élément corrompu – mais le ton de l’ensemble : la série, chorale, a pris bien soin de développer une véritable personnalité pour chacun de ses inspecteurs, et le reste se déroule avec aisance. Certaines affaires ne sont pas des plus passionnantes mais, portées par les personnages, elles se laissent suivre avec plaisir, tandis que la série dose avec savoir-faire ses moments graves et ses moments d’humour, irrésistibles.

En attendant, je n’ai toujours pas fini la dernière saison de Castle, je crois que je peux lui faire mes adieux.

21 juillet 2012

Suits S02E05 - Harvey Specter, ce héros ?

Je retire ce que j’ai précédemment écrit sur Mike Ross.
Non, bien sûr, je ne retire rien, mais j’attends la fin de la saison 2 pour formuler une opinion plus définitive sur son personnage, parce que le dernier épisode nous a présenté un Mike que j’aimerais beaucoup retrouver dans les prochains épisodes, un Mike qui s’affirme indépendamment d’Harvey.
L’affaire qui l’occupe dans cet épisode – l’émancipation d’un tennisman de 16 ans contre un père qui ne veut pas le laisser passer pro – est d’ailleurs jouée en parallèle de sa propre situation chez Pearson/Hardman : Mike veut aller au procès seul, malgré les réserves d’Harvey.
Ce qui m’a le plus intéressée, c’est que cette évolution va de pair avec la destruction annoncée du mythe qu’a construit la série avec le personnage d’Harvey.

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J’ai détesté cet épisode.
Oui, bien sûr, je l’ai adoré, mais de quel droit m’a-t-il brisé le cœur ?
À la fin de l’épisode 4, quand Donna réalise la terrible erreur qu’elle a commise, j’étais dans tous mes états. Parce que j’adore le personnage de Donna et que j’étais angoissée pour elle, oui, mais aussi parce que Suits n’est pas une série qui est censée me faire ressentir tant de choses. Devant un épisode de Suits, les seuls sentiments que j’accepte sont : le rire que provoque chez moi chacun de ses excellents personnages, et l’attirance que j’éprouve pour l’un des personnages les plus appétissants sur mon écran actuellement. Donc le malaise ou la peur pour l’avenir d’un personnage ? Ah non, désolée, ce n’est pas le contrat que j’ai initialement passé avec la série.
Mais soyons raisonnables, rien ne pouvait arriver à Donna, parce qu’Harvey est le type capable de régler n’importe quel problème, Harvey est notre héros.

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Le statut de héros d’Harvey n’est réellement établi qu’aux yeux des spectateurs : tous les autres personnages l’admirent, évidemment, mais sur cette admiration aurait tendance à l’emporter l’agacement que provoque son arrogance. Même Mike, pour qui il est un mentor, remet en cause son autorité à chaque épisode. L’épisode de cette semaine est peut-être le seul épisode où, face à Donna (c’est d’ailleurs à ce moment précis que j’ai oublié tout le désintérêt que j’ai pu éprouver pour lui dernièrement) puis face à Rachel, Mike avoue sa confiance aveugle en Harvey. Harvey’s going to fix it.  (J’ai évoqué plus haut le fait qu’il s’affirme indépendamment d’Harvey : à mes yeux, c’est comme si, en avouant enfin la supériorité d’Harvey, il pouvait enfin commencer à se construire une identité propre.)
On peut être dérangé par le fait que Donna, ultra professionnelle, et qui connaît Harvey depuis beaucoup plus longtemps que Mike, n’ait pas eu la même confiance et ait ainsi commis la pire des bourdes. Mais pour Donna, Harvey n’est pas un héros : son job à elle, c’est de l’assister et, au fond, de prendre soin de lui. (Donna est un peu à Harvey ce qu’Alfred est à Bruce Wayne – non, je n’ai pas oublié l’allusion au Wayne Manor dans la saison 1 !) Malgré la hiérarchie supposée, la série nous les montre quasiment comme des égaux, et c’est seulement dans cet épisode que Harvey met les choses au point : You don’t keep things from me. / You keep things from me all the time! / That’s because I’m your boss! Mais Donna le connaît mieux que personne, elle doit savoir mieux que personne qu’il n’est pas infaillible et c’est ainsi, pour la deuxième fois de la série, qu’elle éprouve le besoin de le protéger.

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L’ironie de la chose, c’est que si elle avait cru en lui, il aurait certainement pu triompher. Il en va d’ailleurs ainsi de la construction de tout héros, et j’avoue que c’est un des ressorts de fiction qui me touche le plus, ne me lancez pas sur la scène des grues dans The Amazing Spider-Man.
Au lieu du triomphe d’Harvey, Suits nous offre donc une scène finale qui a certainement atteint droit au cœur tous les spectateurs : Donna défaite, et Harvey qui montre des premiers signes de faiblesse, sous les yeux de Mike, incrédule.
Il est évident qu’en tant que spectateur, nous brûlons de découvrir ce qui se cache sous l’armure d’Harvey Specter – la série nous offre depuis le début des indices sur son rôle de grand-frère, ou sur l’absence de sa mère –, mais les faiblesses ne sont pas incompatibles avec le statut de héros, et j’ai en ce moment bien besoin de croire en Harvey, de croire qu’il sauvera Donna.

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Écrit par Saru dans Presque une review | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : suits

05 avril 2012

The Princess' Man | Suis-je faite pour les sageuk ?

Puisque je n'avais aucune envie de finir Shut Up: Flower Boy Band, avant d'en regarder le dernier épisode, je me suis fait un petit sageuk de 24 épisodes. (Mon quasi-premier sageuk : le seul que j'ai fini, Hong Gil Dong, n'en étant pas vraiment un.)
Et j'ai beaucoup aimé The Princess' Man. Mon rythme de visionnage peut en attester, j'ai enchaîné les épisodes d'une façon très peu raisonnable. Et, si j'éprouve un amour fou pour le visage de Park Shi Hoo – avec lequel j'ai relativement épargné ce blog –, qu'on se le dise, ce sont toutes les autres qualités de la série qui me l'ont rendue addictive. Pourtant, j'ai aujourd'hui beaucoup de mal à l'évoquer, car je crois que j'en ai raté les enjeux.
(Et je ne crois pas pouvoir l'expliquer sans abuser un minimum de spoilers.)

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Qu'est-ce que cette série ? L'histoire de deux clans qui s'affrontent pour le trône ? L'histoire d'amour a priori maudite entre les enfants issus de ces deux clans ? Cette série est avant tout très riche, c'est ce que j'y ai tant aimé, et peut-être ce qui m'a perturbée.

The Princess' Man est un sageuk.
Malheureusement, j'appartiens à cette catégorie de gens qui, – attention spoiler pour Inglorious Basterds – dans le film de Tarantino, n'ont pas été perturbés une seule seconde qu'Hitler se fasse tuer. J'appartiens à cette catégorie de gens qui pensent qu'on peut prendre toutes les libertés possibles avec l'Histoire puisqu'on est dans une fiction. Oui, je crois que j'appartiens à une catégorie de gens pour qui les sageuk ne sont pas faits. Je n'en avais pas bien compris le principe. Certes, je ne connais pas bien l'histoire de la Corée et je ne connaissais pas du tout Suyang, mais à mes yeux, toute la série était construite pour qu'à la fin, le spectateur puisse considérer comme acquis qu'on allait lui offrir la tête de Suyang. C'est un roi qui a régné de longues années après son usurpation du trône ? Et alors ?
A mes yeux, cette série était une histoire de vengeance, avec un agréable goût de Monte Cristo, et que cette vengeance ne soit jamais totalement exaucée m'a laissée sur ma faim.

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The Princess' Man, également une histoire d'amour et d'amitié ?
Oh, Seryeong et Seungyu ! Mais aussi Seryeong et la fabuleuse Princesse déchue. Jong et Seungyu. (Jong et la fabuleuse Princesse !) Mais parlons plutôt de Myeon. Cet enfoiré de Myeon ! Franchement, je n'ai pas pu avaler cette histoire de "pardonnons-nous, nous étions les meilleurs amis du monde". Et qu'il obtienne une mort quasiment rédemptrice ? Inacceptable ! Myeon était un personnage immonde. Soit, au début, on peut se sentir désolé pour lui : alors qu'il faisait un choix impossible entre ses amis et sa famille, je compatissais. Il continuait à lutter entre deux désirs contraires et j'aurais pu continuer à compatir mais, à l'inverse de Seryeong, jamais il n'a été divisé entre sa famille et ce qu'il croyait juste. Il était partagé entre ses amis et ce qu'il pouvait obtenir en choisissant l'autre côté. Jamais donc il n'a acquis ma sympathie, bien au contraire. Alors, quand il commence à traiter Seryeong comme sa possession, c'est le moment où je me suis dit qu'il méritait autant de mourir que Suyang.
A mes yeux, cette série avait un côté féministe, donnant aux (fabuleux) personnages féminins la possibilité d'agir avec les moyens si restreints qui étaient les leurs à l'époque. Et Myeon aurait dû être puni pour son comportement, et non pardonné – je fantasmais même que Seryeong le tue. Oui, je vous dis, j'ai manqué les enjeux de cette série, parce que j'ai tout de même l'impression que le but de la série était d'offrir la paix à tous ses personnages. Et c'était tout le contraire de ce que je voulais.

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