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09 septembre 2012

Doctor Who, la saison 7, et moi

Il y en a peut-être qui se souviennent que si ce blog existe, c’est que, il y a un peu moins de cinq ans, j’avais une envie désespérée de partager mon amour pour Doctor Who. Et, un peu moins de cinq ans plus tard, qu’est-il advenu de cet amour ? Je me disais qu’écrire quelques lignes sur le premier épisode de la nouvelle saison serait un bon moyen de répondre à la question.
Et puis, alors que je tapais sur mon clavier mes quelques opinions sur l’épisode, j’y renonçai.

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Entre Doctor Who et moi, depuis la saison 6, l’amour n’est plus au beau fixe. Et je n’ai jamais vraiment su si cette saison avait été bien inférieure à toutes les autres ou si c’était moi qui perdais mon intérêt pour la série. Et je n’ai d’ailleurs jamais vraiment interrogé cet état de fait. Je ne l’ai jamais voulu, peut-être. J’imagine qu’on peut voir ça comme une forme de lâcheté, mais j’ai du mal à taper sur ce que j’ai tant aimé – existe-t-il un devoir du blogueur/sériephile, une sorte d’éthique, que je suis en train de bafouer ignominieusement ?
Je me suis peut-être éloignée de Doctor Who, mais pas assez pour ne pas me rendre compte que le fandom whovien est le lieu de virulents affrontements : au nom du sexisme, au nom d’une préférence pour l’ère RTD, ou bien contre le personnage d’Amy, ou contre celui de Rory. C’est bien sûr par amour pour la série (et ses anciennes saisons) que les plus sévères affichent leur amertume mais, alors que j’écrivais mon texte sur Asylum Of The Daleks, alors que je me disais fatiguée des Daleks, fatiguée par l’écriture de Moffat (que j’avais déjà un peu évoquée dans mon texte sur Sherlock), énervée par la relation entre Amy et Rory, je réalisai que, bien que j’allais finir mon texte en proclamant mon amour pour Oswin Oswald, le négatif aurait toujours plus d’impact que le positif.
Je ne suis pas qu’amour. J’ai eu l’occasion de déverser ici un peu de mon fiel contre quelques séries. Mais pour Doctor Who, par égard pour tout ce qu’on a vécu ensemble, je préfère me taire plutôt que me laisser aller à une irréversible colère, et attendre. (« Restons amis. ») Comme quand je n’avais qu’une envie, que David Tennant tire sa révérence. Doctor Who est une institution : la série a survécu tant d’années, elle fut souvent brillante, et j’ai la certitude qu’elle le sera à nouveau. J’éprouve tout l’amour du monde pour Amy, mais j’ai l’impression que nous sommes désormais dans une impasse : j’attends donc Clara avec impatience. Et si ça ne marche toujours pas, j’attendrai un nouveau showrunner. Ou un nouveau Docteur.

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Et en attendant, j’ai trouvé l’épisode Dinosaurs On A Spaceship terriblement divertissant.

02 septembre 2012

Political Animals | Personnages féminins, politique et journalisme

Pourquoi ne me suis-je jamais intéressée à une « série politique » ? Quand je repense à la vitesse à laquelle j’ai dévoré la saison 3 de Sur écoute, quand je me rappelle combien je me suis prise de passion pour l’ascension de Carcetti, il me paraît évident que la politique est un matériau rêvé pour une œuvre de fiction. D’ailleurs, Sur écoute n’est-elle pas au fond une série politique ? Et qu’est-ce qu’une série politique ? Bref, je crois simplement que mes penchants pour les séries légères me font naturellement éviter tout ce qui pourrait me ramener les pieds sur terre. Et je ne regarde Sur écoute que parce qu’il y a eu suffisamment de gens pendant suffisamment d’années pour me dire à quel point c’était bien.
Alors donc, tout ça pour dire, je n’étais pas destinée à regarder Political Animals. La série est arrivée à moi au bon moment, au moment où, malgré tout l’amour que je peux porter à mes personnages masculins fictifs préférés, j’avais un peu envie de rencontrer des personnages féminins. (Et au moment où je m’interrogeais sur la capacité de la chaîne américaine USA à faire autre chose que des duos de mecs.) Entre donc en scène Elaine Barrish.

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Honnêtement, le premier épisode, quoique non déplaisant, ne m’a pas passionnée. Je me suis prise d’affection pour Elaine Barrish et ses ambitions, j’ai trouvé sa famille plutôt attachante, mais où était le truc qui allait me convaincre de regarder la série jusqu’au bout ? Peut-être l’intrigue personnelle de Susan Berg, la journaliste intègre et diablement ambitieuse ? J’avoue que c’est l’avant-dernière scène de l’épisode, entre elle et Elaine, qui m’a convaincue de rester. Les voilà, les personnages féminins que j’attendais.

La série m’a fait passer un bon moment, je crois. Je crois, oui, car déjà, tout s’efface : rien ne m’y a vraiment marquée, c’était simplement divertissant. En dehors d’Elaine et Susan, je ne me suis jamais véritablement investie dans ses personnages : le sort du pourtant très sympathique TJ ne m’a jamais vraiment angoissée ; le traitement de Anne, la fiancée de Douglas, fut malheureusement assez anecdotique ; Bud est resté un personnage caricatural… L’écriture de cette série ne m’a en fait pas vraiment impressionnée : quand, par exemple, arrêtera-t-on l’utilisation abusive des flash-backs ? Il y a certainement des moyens de construire une intrigue qui n’impliquent pas de morceler maladroitement ladite intrigue ? Heureusement, Political Animals étant construit comme un soap, les grosses ficelles et les rebondissements rendaient le retour au temps présent assez évident.

Finalement, ce j’ai vraiment aimé dans cette série, fut ce qui me l’avait fait continuer : toutes les apparitions de Susan et son combat pour la vérité et l’intégrité. Comme tout le reste de la série, ces scènes ne font pas vraiment dans la subtilité, mais m’ont fait en un sens regretter que la série ne se soit pas principalement intéressée au milieu journalistique plutôt qu’au milieu politique. Soit dit entre nous : je commence tout juste la saison 5 de Sur écoute, et il est évident que je vais prendre mon pied.

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19 août 2012

Common Law & The Unusuals | Mes séries policières de l’été

Quel est le nombre de séries policières en activité aujourd’hui ? Tous pays confondus ? Un peu trop, non ? En réalité, pour répondre à une question pareille, il faudrait définir le terme « séries policières », et je ne suis pas vraiment là pour ça. En outre, ayant la fâcheuse tendance d’assimiler séries policières et procedural shows, je suis rarement attirée par celles-ci et donc très peu spécialiste. Pourtant, je viens d’en terminer deux. The Unusuals et Common Law, donc.
La beauté de la série policière ­­tient tout de même dans ses 1001 variantes : il faut bien ça, pour convaincre une chaîne d’en diffuser un énième avatar. De ce point de vue-là, Common Law et ses deux inspecteurs de police en thérapie de couple, avait un excellent point de départ, tandis que The Unusuals, avec sa bande de flics très spéciaux, ne brillait pas par son originalité. Pourtant, mettons fin au suspense, c’est la deuxième que j’ai préférée.

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Depuis le début de cet article – détruisons là l’illusion selon laquelle j’écris un article après ample réflexion – j’essaye de retrouver dans les bas fond de ma mémoire les séries policières de type basique/procédural que j’ai regardées et aimées. Pour le moment, seule Bones refait surface : c’était Brennan qui m’avait fait regarder la série pendant quatre saisons, avant que je n’arrête pour incompatibilité romantique. Brennan et les autres allumés du labo (désolée, je n’ai jamais vraiment aimé Booth).
Ce sont forcément les personnages qui me font revenir épisode après épisode, et jamais les enquêtes. (Même si le travail sur les os dans Bones m’a toujours assez fascinée.) Et c’est tout à fait le cas de Common Law : les enquêtes m’ont passablement ennuyée pendant douze épisodes, et si la thérapie de couple était porteuse d’excellentes scènes, même cette intrigue s’est finalement révélée bancale. Ce sont donc bien le charme incroyable de Travis Marks, la psychorigidité hilarante de Wes Mitchell – tout de même des personnalités assez peu travaillées – et leur relation explosive qui m’ont fait finir cette première saison. Je pourrais éventuellement revenir si la série est renouvelée, mais il faudra me faire miroiter un peu plus de consistance.

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The Unusuals n’a eu de son côté qu’une seule saison, et c’est plutôt dommage. L’univers qu’a bâti la série en seulement dix épisodes était prometteur. Sa force à mes yeux n’était donc pas l’originalité de son postulat de départ – une nouvelle flic débarque dans un commissariat pour y débusquer l’élément corrompu – mais le ton de l’ensemble : la série, chorale, a pris bien soin de développer une véritable personnalité pour chacun de ses inspecteurs, et le reste se déroule avec aisance. Certaines affaires ne sont pas des plus passionnantes mais, portées par les personnages, elles se laissent suivre avec plaisir, tandis que la série dose avec savoir-faire ses moments graves et ses moments d’humour, irrésistibles.

En attendant, je n’ai toujours pas fini la dernière saison de Castle, je crois que je peux lui faire mes adieux.

10 août 2012

Sur écoute | Petit à petit, j'avance

Elle apparaît très peu sur ce blog mais ce n'est pas par manque d'amour ; il est tellement plus facile de fantasmer sur Harvey Specter que de s'exprimer sur la douleur de Baltimore. Malgré les apparences, donc, je me suis véritablement engagée avec Sur écoute cette année et, petit à petit, j'avance.

Je crois bien que je regarde la quatrième saison la peur au ventre. Rien n'était facile, les saisons précédentes, mais regarder évoluer ces gamins à l'avenir a priori tout tracé est encore moins évident. Pourtant, malgré son sujet, malgré son intensité, Sur écoute n'est pas une série pesante, et il y a beaucoup de moments extrêmement drôles – la scène d'entrée de la saison est à ce titre carrément brillante. Mais, neuvième épisode, dernière scène, j'ai craqué. La dernière fois que la série m'avait autant touchée, c'était avec D'Angelo, et me voilà donc à nouveau le cœur brisé, devant la même problématique : vers qui peuvent se tourner les gamins sans espoir de Baltimore ?

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Écrit par Saru dans Scènes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sur écoute

05 août 2012

The Avengers | Une fois n'est pas coutume : un dessin animé

Comme beaucoup de monde, j'ai succombé ce printemps à la folie Avengers – j'ai toujours eu un faible pour les superhéros, et ce film-ci était particulièrement fun. Alors quand on m'a proposé de jeter un coup d’œil à la série animée, je me suis dit qu'elle valait peut-être le détour. Elle ne le valait en fait pas tant que ça, mais il y avait de quoi ronger son frein en attendant la sortie du DVD.
Le problème : là où le film avait excellé dans le portrait de ses pourtant nombreux personnages, The Avengers: Earth's Mightiest Heroes a préféré mettre l'accent sur les scènes d'action, ce qui à mon sens n'est jamais la bonne solution avec une série. Pendant toutes ces scènes, j'ai donc vaqué à d'autres occupations, ce qui explique que j'ai fini la première saison si rapidement.
Et si je n'ai pas grand chose à dire en matière d'intrigues – beaucoup de méchants, aucun n'étant mémorable – je voulais faire un petit tour des personnages :

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IRON MAN
Croyez-moi, j'adore l'Iron Man/Tony Stark de Robert Downey Jr. : l'acteur et le scénario, combinaison gagnante, en font dans les films un personnage arrogant mais sympathique. Dans la série, beaucoup moins, mais quel rôle lui donne-t-on, au fond, à part celui de mener sa troupe d'Avengers à la bataille ? Il faudrait peut-être un peu plus de Pepper Potts à la série.

ANT-MAN
J'ai hâte de voir ce que le film de Edgar Wright donnera. Pour le moment, je suis assez partagée sur le personnage de Ant-Man, que je n'ai par ailleurs jamais rencontré dans aucune bande dessinée. Il m'a intéressée ici en tant que scientifique, mais agacée dans le rôle du type qui n'a finalement pas très envie de faire partie des Avengers.

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WASP
J'adore Wasp. Je n'avais pas toujours la motivation de continuer un épisode qui commençait de façon très médiocre, mais Jan/Wasp faisait très bien passer la pilule, la plupart de ses scènes sont gagnantes : elle est intelligente, courageuse, forte, très drôle, et j'avoue me demander encore ce qu'elle trouve à Hank/Ant-Man.

THOR
Assez inintéressant. Ses origines asgardiennes et donc sa façon de parler/de se comporter font de lui un personnage drôle, donc avec un certain capital sympathique mais ça s'arrête là. Ses relations avec Odin et Loki ne sont que trop brièvement esquissées, et ne parlons même pas de Jane et ses apparitions terriblement anecdotiques.

CAPTAIN AMERICA
En théorie, j'aime bien Captain America. J'aime qu'il y ait au moins un héros profondément bon, sans le cynisme qui est le lot habituel de tout bon superhéros. Mais toutes ces caractéristiques en font un personnage parfois bien fade, et seul le film de cette année me l'a rendu irrésistible, parce qu'il est tout de suite plus intéressant quand il est utilisé en contre-partie de toute la clique de névrosés qui l'entoure. La série aurait pu prendre cette voie également, mais la caractérisation n'est pas son fort.

BLACK PANTHER
Ce personnage, très intelligent et très fort, est franchement un des meilleurs. Mais, de nature très discrète, il a du coup moins de temps de présence à l'écran, alors qu'il mériterait d'être le leader des Avengers.

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HULK
C'est peut-être mon préféré. C'est en tout cas celui dont le sort m'a le plus intéressée dès le début : étant un anti-héros, son histoire est d'emblée plus passionnante, et même touchante à certains moments. Et puis, il faut le dire, Hulk a un certain sens de l'humour.

HAWKEYE
En parlant d'humour : Hawkeye est sans doute l'Avenger avec la meilleure répartie, même si je le trouve trop utilisé pour ses seuls bons mots. Son intrigue d'introduction aurait pu être très intéressante, mais la série l'expédie vite, et c'est bien dommage.

BLACK WIDOW
Elle ne fait pas partie des Avengers dans la série, en tout cas dans la première saison, mais je tenais à la lister également parce que c'était elle qui m'intéressait en commençant la série. J'ai assez vite déchanté, vu le peu de temps qui lui est accordé, mais soyons honnêtes : avec ou sans Scarlett Johansson, Black Widow, elle déchire tout.
Je veux une deuxième saison où elle apparaît dans tous les épisodes.

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02 août 2012

Big | Should I stay or should I go ?

Je m'étais fixé l'épisode 9 de Big pour prendre une décision : j'arrête ou je continue.

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Je partais avec les meilleurs a priori possibles :

  • un drama écrit par les sœurs Hong, scénaristes à l'origine de séries joliment notées dans mon palmarès personnel,
  • l'irrésistible Gong Yoo, dont c'est la première série depuis son retour de l'armée,
  • une intrigue d'échange de corps, concept qui nous a offert de bons moments dans Secret Garden.

Et pourtant, ça ne fonctionne pas.

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Je déteste blâmer éternellement les personnages féminins coréens, mais une fois encore, je supporte à peine l'héroïne. Je sais pourtant que je peux apprécier l'actrice, qui dans Boys Over Flowers s'était révélée pleine de charme, mais ici, Gil Da-ran est l'épuisant stéréotype de la jeune femme pétillante et naïve à l'excès. Bien sûr elle a ses moments, particulièrement quand elle joue les adultes face à Gyung-joon, mais malgré leur différence d'âge, il finit toujours par prendre le dessus.

Cet épisode 9, donc ? Je continue ou pas ?
J'avoue qu'il m'a fait rire, et plusieurs fois. Mais je suis tellement loin de l'hilarité qu'ont pu provoquer chez moi un You're beautiful ou un The Greatest Love ! Il est peut-être là, le problème : les sœurs Hong, d'habitude plutôt habiles à détourner les clichés, signent ici un scénario franchement convenu. Au bout de neuf épisodes, il serait peut-être temps de se résigner : originalité et surprise ne seront pas de la partie.
Dans cet épisode, pourtant, l'émotion. La voici, la raison qui me fait rester malgré tout : Gyung-joon, l'enfant abandonné, n'en finit pas de m'émouvoir.

Il se peut bien que je finisse cette série sans jamais l'aimer, mais tout ce que j'attends maintenant, c'est une famille pour Gyung-joon.

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Écrit par Saru dans KDramas | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : big

30 juillet 2012

A ceux qui ne regardent pas Justified, à ceux qui l'aiment, et à ceux qui l'ont créée

A force de naviguer sur les eaux de la fiction, je nourris parfois une certaine frustration de ne pas avoir dans ma vie le scénariste talentueux qui écrirait mes lignes de dialogue. Par exemple, j'ai toujours rêvé de sortir avec grand sérieux lors d'une conversation : "Le monde se divise en deux catégories..." Mais quand bien même il n'y aurait dans la vie que deux types de personnes – quel que soit le domaine dont on parle –, jamais je n'aurai l'aplomb de soutenir pareille thèse. Et c'est peut-être pour ça que je tiens un blog.
Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui regardent les bonus des DVD, et les autres.

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Ceci dit, adorant les bonus, je ne les regarde pas toujours. D'ailleurs beaucoup moins pour les séries que pour les films. D'ailleurs pourquoi ? Parce que dans une série, je suis plus investie dans l'instant (et dans les personnages, et dans l'émotion), alors que dans un film, je suis plus sensible au schéma global, et donc à la narration et à la réalisation ? Peut-être. Autre débat, prochaine fois.
Certaines personnes n'ont pas particulièrement envie de découvrir l'envers du décor, craignant peut-être que le tout perde de sa magie. Ou préférant garder l'illusion d'un monde qui ne serait pas fabriqué de toutes pièces par un paquet de gens derrière la caméra, je ne sais pas. Je suis plutôt de celles et ceux qui, une fois constaté le lourd travail derrière l’œuvre que j'aime, n'en admirent que plus l'univers créé. Et mon merveilleux coffret DVD de Justified vient tout juste de me le prouver à nouveau.
Je n'ai pas encore mis le troisième DVD dans mon lecteur, mais jusqu'ici, je suis comblée par les bonus. Les commentaires audio sont majoritairement assurés par Graham Yost, le showrunner, et par les scénaristes des épisodes choisis. D'ailleurs, les bonus donnent vraiment la part belle au processus d'écriture. Peut-être parce que la série est l'adaptation d'une nouvelle d'un fameux écrivain ? Pas le genre de bonus aussi inutile qu’exaspérant, genre un making of mettant en scène les meilleurs moments qu'on a de toute évidence déjà vus et les formidables et beaux acteurs qui ne sont au fond que des marionnettes. Cette dernière partie étant bien sûr tout à fait exagérée, surtout venant après constatation de tout ce qu'a apporté Timothy Olyphant au personnage de Raylan Givens. Autre débat, prochaine fois.

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Deux informations du commentaire audio du pilote m'ont carrément ravie : 

  • Le personnage de Boyd devait mourir à la fin de ce premier épisode, Elmore Leonard l'avait apparemment écrit comme ça. Mais lors de test screenings, l'auteur, la chaîne, tout le monde, a réagi tellement favorablement à la relation Boyd-Raylan et à la perfomance de Walton Goggins que les scénaristes ont décidé de le laisser vivre.
  • Une des raisons pour laquelle cette série a été commandée est la scène du "You're the angriest man I know".

J'entends et lis à longueur de journées les avis de beaucoup de monde sur beaucoup d’œuvres (c'est d'ailleurs un de mes grands plaisirs dans la vie, probablement autant que le fait de regarder/lire/écouter moi-même les œuvres en question) et il semble assez évident que, quand bien même beaucoup de gens aiment une œuvre, ils peuvent l'aimer pour un paquet de raisons différentes. Mais voilà, ici, un truc qui n'arrive finalement pas si souvent : je regarde cette série pour précisément les mêmes raisons que l'écrivent ses scénaristes. C'est probablement pour ça que je l'aime tant.
Alors je devrais avoir confiance. J'ai jusqu'ici seulement regardé le premier épisode de la troisième saison, et deux fois, comme si je n'avais pas vraiment envie d'avancer – n'est-il pas évident que je ne peux qu'être déçue par la suite ?
Pourtant, en regardant une nouvelle fois ce premier épisode de la troisième saison, un autre commentaire de Graham Yost me revient : quand ils ont planché sur la deuxième saison, ils sont revenus sur le pilote pour voir ce qui, toujours à partir du matériau de base, pouvait être extrait et développé. Les interactions Ava/Boyd viennent de là. Exemple typique d'une intrigue qui en théorie poserait des doutes sur sa faisabilité/crédibilité mais qui semble naturelle, parce qu'ils ont pris la peine de vraiment bâtir quelque chose. Et en commençant cette troisième saison, je vois toujours les parallèles tracées à partir de ce fameux pilote : des situations aux allures de déjà-vu qui fonctionnent si bien grâce également à leur différence, tant de cartes ayant été redistribuées au cours de ces deux dernières saisons.

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Je ne devrais pas m'étonner de tout le travail qu'il y a derrière une série, et il y aurait une forme d'ingratitude à se dire "je ne me doutais pas qu'il y avait tant de réflexion derrière cette simple scène" – je regarde d'ailleurs des séries depuis suffisamment longtemps pour ne plus jouer les naïves. Mais peut-être aussi qu'il y a une forme de gratitude derrière ce pseudo-étonnement : le principal n'est-il pas d'y croire et de se laisser emporter ? Donc soit, je suis prête à croire que la saison 3 sera tout aussi formidable. Merci en tout cas pour les précédentes.