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08 janvier 2013

Farscape | Rencontre avec Aeryn & John

Aeryn et John, John et Aeryn… ça fait, je pense, plusieurs années que leurs noms et visages s’affichent ponctuellement sur mon écran, accompagnés de tout l’amour du monde. Me laissant l’impression qu’il y a d’un côté les gens pour qui le couple est culte, et de l’autre, ceux qui n’ont pas vu Farscape. Alors quand Nephthys les a évoqués le mois dernier, je me suis dit que c’était l’occasion de partir à leur rencontre.
Je n’avais pas le temps pour quatre saisons, mais j’ai regardé les deux premiers épisodes.

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J’ai tout de suite aimé Aeryn : mon éternel faible pour les personnages quelque peu allergiques à l’émotion, et la promesse d’une intrigue personnelle riche. Quelle évolution pour une représentante de l’ordre au milieu d’un groupe de prisonniers ? Les trahira-t-elle ? Qu’a-t-elle perdu en se plaçant du côté de John ?
Des conflits que je n’ai en revanche pas vraiment trouvés chez lui, nettement plus fade. Qu’est-ce qui le distingue du héros habituel ? J’avoue ne le voir pour le moment qu’en prisme à travers lequel le spectateur découvre l’univers très riche de la série alors que sa quête personnelle pour retrouver la Terre pourrait être au cœur de mes préoccupations. Les scénaristes ne semblent pas vouloir le dépeindre comme un homme perdu loin de chez lui, et n’ont ainsi pas activé mes capacités d’empathie. Même si derrière sa façade cool, le deuxième épisode a révélé son ouverture d’esprit, sa compassion, et sa volonté de comprendre le monde qui l’entoure, des qualités qui ne peuvent que me le rendre sympathique.
C’est d’ailleurs sous cet aspect que le duo qu’il forme avec Aeryn est instantanément intéressant. Leur alchimie est bien sûr immédiate mais, surtout, l’association entre le scientifique et la soldate promet d’excellentes choses : deux visions du monde qui s’affrontent, et qui se retrouveront probablement, pour un chemin à parcourir très engageant.

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Je ne suis pas encore convaincue que Farscape pourrait devenir ma nouvelle obsession – à la Doctor Who, disons-le – puisque la série choisit dans ses deux premiers épisodes de mettre l’accent sur les possibilités que nous offrent ses nombreuses planètes et pour ma part, c’est quand les personnages sont bien établis que je tombe irrémédiablement sous le charme. Néanmoins le potentiel est immense, et ma curiosité tout à fait aiguisée : j’espère rejoindre bientôt le rang des adeptes de ce couple phare, et de son riche univers.

06 janvier 2013

Soredemo, Ikite Yuku

En écrivant son texte dithyrambique sur Soredemo, Ikite Yuku, Kerydwen avait évidemment éveillé ma curiosité. Elle y faisait l’éloge de l’écriture, de l’esthétique, du casting… comment ne pas être convaincue ? Mais je m’entêtai alors à écrire, en commentaire, que ce type d’histoire, ça n’était pas « mon genre ». Le deuil, les sujets graves, tout ça… pas mon genre.
Kerydwen m’a suggéré le mois dernier d’évoquer l’histoire d’amour au cœur de cette série, et il faut maintenant que je me rende à l’évidence : est-ce que je sais, au fond, ce qui est « mon genre » ? Il me semble avoir passé les dernières semaines à avouer mon incapacité à résister aux personnages cassés, et Soredemo, Ikite Yuku n’aurait pas pu m’en offrir de plus beaux.
D’un côté, on a Hiroki, dont la petite sœur Aki a été assassinée il y a quinze ans. Sa vie s’est arrêtée ce jour où, refusant d’accompagner Aki faire du cerf-volant, il préfère aller louer des vidéos pornos. Depuis, il survit malgré lui, rongé par la culpabilité et le chagrin.
De l’autre, Futaba. Son frère est celui qui a assassiné Aki, et sa famille, objet depuis quinze ans de toutes les attentions et insultes, doit régulièrement déménager, dans l’incapacité de construire quoi que ce soit, enchaînée au passé.
Pour en apprendre plus sans spoiler sur la série, changez de page, allez absolument lire le texte de Kerydwen, une magistrale déclaration d’amour à une série qui ne l’est pas moins. De mon côté, je n’éviterai pas les spoilers.

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Amoureuse de la fiction légère, je peux affirmer avec conviction qu’il ne faut pas passer à côté de cette série par peur de sa gravité. Vous y percevez du deuil, de la culpabilité ? J’y ai plutôt reçu un magnifique discours sur l’espoir, l’amour et ses propriétés salvatrices – rien que ça, oui ! Sombre, ce drama ? Pas du tout : empreint d’une indéniable tristesse, mais poétique et lumineux. De larmes, je n’en ai versé que deux.
La première : Futaba, après quinze ans d’incrédulité, de culpabilité, apprend qu’elle et son frère meurtrier ne sont pas les enfants de celle qu’elle considérait comme leur mère. Le peu de certitudes qui lui restent s’effacent complètement et c’est chez Hiroki qu’elle trouve le réconfort – cette scène, ô cette scène : je n’ai jamais douté du talent d’Eita, mais j’ai découvert dans ce drama une incroyable actrice.
Ici réside toute la beauté de cette histoire. Qui aurait pu tourner en tragédie, en vengeance, mais à l’inverse, Hiroki et Futaba trouvent l’un chez l’autre la force de reprendre le cours de la vie qui leur a été arrachée quinze ans auparavant. Êtres meurtris, mal dans leur peau, ils se découvrent similaires, trouvent le soutien qu’ils n’ont jamais trouvé ailleurs. Hiroki effleure la main de Futaba – geste gêné et beaucoup plus émouvant que s’il avait osé lui prendre la main – et lui dit que tout ira bien. C’est cette scène qui m’a le plus bouleversée, pour tout l’espoir qu’elle révèle.

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Comment n’être pas touché par Futaba et Hiroki ? Pas par la tragédie qui les touche, bien que tout en découle, mais par leurs interactions embarrassées, leurs conversations décousues qui plus d’une fois m’ont fait rire.

– Quoi de neuf, en ce moment ?
– En ce moment ? Euh, je viens de remplacer l’ampoule.
– Je vois…
– Et toi, en ce moment ?
– J’ai marché sur un chewing-gum.

Traduction approximative en français d’un sous-titre anglais traduit d’une conversation en japonais, je vous épargnerai donc la suite, mais voilà le sel de leurs relations : un échange drôle, étrange, mais finalement plutôt réaliste. La vie n’est pas scénarisée, et leurs dialogues, morceaux de vie sans queue ni tête, sonnent juste. Ce passage restera l’une des très belles déclarations d’amour de mon petit écran.
Hiroki et Futaba s’apprivoisent, laissent derrière eux toute la colère accumulée par les deux familles au fil des années, et se révèlent deux êtres humains fantastiques, aimants et généreux. De façon très intéressante, au fil des épisodes, leur évolution se fait également physique. Complètement introvertis au début de la série, ils s’ouvrent, à l’autre et au monde, se redressent et, s’ils ne se débarrasseront jamais totalement de leur gaucherie, je me rends compte à la fin de la série qu’ils sont devenus l’un et l’autre plus assurés, et ont révélé toute leur beauté.

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La deuxième scène qui m’a fait pleurer est une des dernières. Hiroki montre à un Fumiya derrière les barreaux une photo de sa mère. Moment incroyable où Fumiya fond en larmes : où, pour la première fois, il affiche une authentique émotion. Le moment est d’autant plus incroyable que c’est Hiroki, à qui Fumiya a tout pris, qui lui donne en retour ce qu’il a cherché quasiment toute sa vie.
La série nous avait déjà offert une scène aussi intense, quand Hiroki sauve Fumiya de la noyade et qu’il lui dit qu’il le sauverait à nouveau, encore et encore. Hiroki déballe tout ce qu’il a enfoui en lui pendant des années et, lui qui n’était que vengeance depuis le début de la série, lâche prise et évoque la possibilité d’une rédemption pour Fumiya, l’idée d’une nouvelle vie, pour lui-même, pour Futaba, pour Fumiya. Hiroki confie qu’il veut voir un lever de soleil avec l'assassin de sa sœur et que ça lui suffira. Une scène très chargée en émotion à laquelle Fumiya répond par un terrible « J’ai faim. » Il concède quelques excuses mais rien dans ses yeux, ni sur son visage : ce type ne ressent rien, Hiroki et Futaba comprennent qu’il n’y a rien à espérer.
Alors, quand devant le visage de sa mère, Fumiya s’effondre, l’espoir renaît.

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C’est ainsi que je comprends et accepte la fin de la série. Futaba prend une décision qui peut paraître absurde, incompréhensible, condamnant ainsi la possibilité d’une relation amoureuse salvatrice, mais ce qu’elle fait surtout, en souhaitant élever l'enfant qui a perdu sa mère, c’est briser le cercle interminable de la rancœur et de la haine : personne ne devrait grandir et vivre sans amour.

01 janvier 2013

Ojakgyo Brothers | De ces personnages qui vous brisent le coeur, encore

Je n’étais pas prête pour la fin d’année et ses bilans, et 2013 ne m’a pas attendue. Je suis néanmoins heureuse de me tourner vers l’avenir, mais je ne laisserai pas 2012 derrière moi sans parler du personnage qui m’a réduit le cœur en miettes l’année passée.
Ojakgyo Brothers est peut-être l’ovni de mon année de sériephile. Ovni tout relatif parce qu’elle reste une série coréenne légère, mais ovni dans mon programme de visionnage parce que c’est une série familiale – j’ai laissé ici quelques-unes de mes vues sur le concept de famille –, à laquelle je me suis engagée – et ai tenu mon engagement ! – sur 58 épisodes. L’aventure fut sympathique, j’ai passé d’excellents moments avec ses personnages, mais elle fut également insupportablement traditionnelle. C’est un postulat de départ évident, j’imagine, quand on commence un weekend family drama mais malgré toutes ses qualités, il n’est pas sûr qu’on m’y reprenne : en fiction, je ne déteste rien tant que voir mes personnages favoris souffrir sous le joug du conservatisme.

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Avez-vous déjà rencontré un personnage qui, loin pourtant d’être la création du siècle, bouleverse soudain la frontière qui sépare votre réalité de spectateur et la réalité fictionnelle ? Ce fut Hwang Tae Hee pour moi cette année, un des « Ojakgyo Brothers ».
Je m’interroge encore : pourquoi ce personnage m’a-t-il fait une aussi forte impression ? Il y a les explications rationnelles :
Son acteur, Joo Won, m’avait impressionnée dans Gaksital. Il n’y était pas complètement à son avantage, livrant une interprétation intense d’un personnage habité, mais il ne m’avait pas échappé qu’il était charmant. Pour Ojakgyo néanmoins, le terme adéquat ne fut pas « charmant », mais « magnifique ». Soit, première raison.
Deuxième raison : Hwang Tae Hee rentre tout à fait dans le cadre de mes archétypes favoris, les introvertis, incapables d’exprimer leurs sentiments, voire cassés émotionnellement. Taciturne, Tae Hee ? Ce n’est rien de le dire : adorable avec sa grand-mère, il se montre le reste du temps d’une réserve à toute épreuve, avec ses parents, ses frères, le monde entier. Ses seuls moments de sincérité s’expriment dans de poignants moments de rage qu’il canalise dans son travail : flic, il passe le plus clair de son temps au boulot, obsessionnel dans ses enquêtes.
Un archétype, oui : combien de personnages de ce genre dénombre-t-on dans nos fictions ? Alors pourquoi celui-ci me toucherait plus qu’un autre ? Ojakgyo Brothers a pour elle d’être très bien écrite, au moins dans les premiers deux tiers de ses épisodes : l’élément perturbateur de l’histoire est Baek Ja Eun, l’orpheline lumineuse qui s’incruste dans cette famille. Chacun des personnages évoluera à partir de cet événement, Tae Hee plus que les autres puisqu’il va se prendre d’affection pour elle, et s’ouvrir à son contact. Classique. L’histoire personnelle de Tae Hee, tragique mais pas inédite, nous est révélée par petites touches, à mesure que le personnage s’ouvre aux autres et à lui-même.

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C’est lors d’une scène entre frères qu’il m’a eue en plein cœur. Les quatre autour d’une table dans un restaurant. Soudain Tae Hee sort de son silence. Depuis longtemps, enfant abandonné recueilli par son oncle, il fait semblant. Semblant d’être un bon petit-fils, un bon fils, un bon frère, mais bien qu’aimé par sa famille, il ne s’est jamais senti légitime, à sa place. Il a toujours fait semblant. Tellement qu’il ne sait plus qui il est, ce qu’il ressent, incapable d’avancer dans la vie et d’engager avec les autres des relations normales. Cette scène est déchirante, et je crois que c’est à partir de ce moment que la moindre des émotions ressenties par Tae Hee est venue me traverser de part en part.
La magie d’une bonne fiction, d’une bonne écriture, d’une bonne interprétation ? Je ne m’explique jamais vraiment pourquoi telle scène de telle série me touche plus que d’autres, mais voici un personnage dont le malheur me fait m’effondrer, et dont le bonheur me fait tout aussi pleurer, de joie. J’en suis arrivée à ressentir les choses à travers son prisme : à haïr son père quand il menace de ruiner son bonheur, à adorer ses frères quand ils le conseillent sur sa vie amoureuse, et à vénérer Ja Eun, qui lui donne enfin l’amour qui lui a tant manqué.

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Ce n’était pas vraiment l’angle sous lequel j’avais prévu d’aborder ce weekend family drama, regardé dans le cadre de mon expérimentation de décembre. Mais il me semblait pas mal de commencer 2013 ainsi : c’est pour ce genre d’émotion que je m’investis dans la fiction, pour ces personnages qui m’en disent tant, sur moi, sur le monde. Et c’est ce que j’aimerais trouver dans les séries qui m’attendent cette année. (Que je vous souhaite la meilleure possible.)

29 décembre 2012

Clara et le Docteur

Voilà cinq ans que Doctor Who est un peu ma lumière au bout du tunnel de Noël. On est le 26 décembre, j’ai survécu, le Christmas Special (bien que souvent en-dessous des autres épisodes) est ma récompense. Je m’étais donc imaginé un petit texte sur Doctor Who autour du 25, mais les vacances de Noël se déroulent souvent indépendamment de ma volonté et, l’ai-je déjà dit ? je suis une inorganisée chronique – je crois que mon mois de décembre va légèrement déborder sur janvier.

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L’amour dans Doctor Who : il n’y a que ça, non ? L’amour du Docteur pour quasiment tout ce qui passe sous ses yeux, les planètes qu’il visite, les gens qu’il rencontre, et pour ses nombreux amis, donc.
J’avais envisagé d’écrire sur Amy Pond et son ami imaginaire, une amitié qui m’a touchée, dont le traitement m'a parfois énervée, bref, une relation qui m’a marquée mais que je n’ai que trop rarement évoquée ici. Et puis survint Clara. Une prestigieuse gouvernante issue du cœur du Londres victorien. Comment ne pas tomber immédiatement sous le charme de ce personnage, tout comme il m’avait fallu une seule scène pour adorer Oswin ?

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J’ai aimé tous ceux qui ont accompagné le Docteur dans ses voyages, ne me demandez pas de choisir. Et si j’aime profondément le Docteur, n’est-ce pas tous ses compagnons que j’aime à travers lui ? Ce qu’ils font ressortir en lui ? Après l’affreux dernier épisode de la première partie de saison 7, on retrouve le Docteur au bout du rouleau. Indifférent, cynique, dépourvu de tout ce qui fait qu’on l’adore. Surgit Clara, donc. Jolie, intelligente, drôle, sensible… des qualités que partagent toutes les partenaires du Docteur ? Puisque je ne connais pour l’instant pas grand-chose du personnage, je me dis que c’est le charme irrésistible de son interprète qui agit. Pourtant, si tout ça ne suffisait pas, Clara est tout de même celle qui redonne le goût d’agir au Docteur. D’agir, d’interagir, de reprendre le chemin de ses découvertes.
Les personnages d’Amy et de River, même si je les ai adorées, même si j’ai adoré leur relation avec le Docteur, ont un peu souffert du fait que leur existence soit bâtie sur un mystère qui construisait une saison (Amy et la saison 5, River et la saison 6). Du coup, j’avoue mes craintes pour Clara Oswin Oswald : j’aurais préféré qu’elle soit seulement cette fille géniale qui se retrouve par hasard sur la route du Docteur, à la Rose ou à la Martha. Mais qu’elle soit cette fille géniale qui redonne vie au Docteur me réjouit déjà.

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22 décembre 2012

Et l'amitié dans tout ça ? | Shut Up: Flower Boyd Band

Si je ne devais garder qu’un seul épisode pour 2012, ce serait celui-ci : Shut Up: Flower Boy Band, épisode 6.
Je m’avance peut-être, je n’ai pas sérieusement considéré tous les épisodes de toutes les séries de 2012. Mais si Shut Up: Flower Boy Band est sans conteste ma série coréenne préférée de 2012, sa place de favorite globale de l’année est quasiment acquise. Et il y a dans cet épisode tout pour faire mon bonheur : de la musique, un peu de romance, et beaucoup, beaucoup d’amitié.
La romance de Shut Up: Flower Boy Band est plutôt adorable. Elle met en scène un héros un peu sauvage (je l’aime tant) et une héroïne qui mérite toute mon affection pour le bonheur qu’elle apporte au héros, mais qui s’avère individuellement très attachante et apprend à s’affirmer au cours de la série. Cette romance est plutôt adorable – et avance d’un bond dans cet épisode –, ils sont tous les deux adorables, mais ce n’est pas le cœur de la série. Le cœur, c’est bien sûr ce groupe d’amis, et son fabuleux leader Ji Hyuk.

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L’épisode voit les membres du groupe se préparer pour un festival de rock où plusieurs groupes vont concourir : Eye Candy a perdu son chanteur il y a peu et ce concert est leur hommage. En réalité, gagner leur importe peu. Et Ji Hyuk, la tête ailleurs, néglige les répétitions, qu’il quitte en plein milieu. Les autres musiciens, prêts à suivre le mouvement, se font interpeller par Hyun Soo, le guitariste : pourquoi la répétition s’arrêterait-elle sous prétexte que le chanteur s’en va ? En feraient-ils de même si la situation se présentait sur scène ? On perçoit ici toute l’importance du groupe pour Hyun Soo, mais ce n’est pas le leadership qui est en question, c’est la motivation de chacun. Pourquoi font-ils partie du groupe ? Pour l’amitié ? La musique ? Autour de cette question pourrait bien se cristalliser de futurs problèmes… que la série réalisera brillamment, je vous le promets.

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Et il faut que je vous raconte LA scène. Celle qui, dix mois après, me hante encore.
Le concert, donc. Eye Candy s’apprête à entrer sur scène. Où est Hyun Soo ? Urgence familiale, il est en retard, il court, la guitare sur le dos et, horreur !, il se fait bousculer par une voiture. Tombe, mains en avant et blesse. Se relève et continue sa course, arrivant juste à temps pour le concert.

Hyun Soo s’est défoncé pour maîtriser ce solo de guitare. Il a séché les cours, s’est entraîné des heures, a subi les critiques des autres membres du groupe – pourquoi Hyun Soo ne laisserait-il pas le solo à Ji Hyuk ? Alors peu importe sa blessure, le guitariste ira jusqu’au bout, pour rendre hommage à Byung Hee, pour faire honneur à son groupe, pour prouver sa valeur.
Solo time. Il grimace, manque quelques notes, et tout à coup Ji Hyuk se rend compte. Il se jette sur Hyun Soo pour l’empêcher de continuer : le guitariste se débat, s’acharne, mais Ji Hyuk le prend dans ses bras et l’immobilise.

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Tout me touche terriblement dans cette scène. Il y a le fait que je ne résiste pas aux personnages silencieux, qui s’expriment avec maladresse ou pas du tout, et dans cette scène, Ji Hyuk le bourru le renfrogné se révèle : sans hésitation aucune, il lâche tout pour protéger Hyun Soo qui lui, fauve blessé, dit toute sa douleur dans son acharnement. La douleur d’être celui à qui le talent ne vient pas naturellement et la douleur d’être l’ami délaissé. Et au fond, qu’est-ce qu’exprime Ji Hyuk dans son étreinte si ce n’est que tout ça n’a pas d’importance, seul compte le bien de son ami ?
Je suis désolée de gâcher cette scène en la racontant si maladroitement. Mais elle vaut que vous donniez leur chance à la série et ses personnages.

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18 décembre 2012

The Hour : Bel, Freddie et le journalisme

Si vous n’avez pas vu l’intégralité de la saison 2 de The Hour, voici venu le moment de fermer l’onglet de votre navigateur Internet.

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Ce n’est pas pour ses intrigues au long cours – d’espionnage en saison 1, de collusions économico-politiques en saison 2 – que j’aime The Hour. C’est pour ses personnages, et la façon dont, en tant que journalistes, ils vont vivre, et retransmettre, ces affaires.
D’ailleurs, la plus intéressante des histoires d’amour de la série est peut-être celle qui lie chacun de ces personnages à son métier et au concept de journalisme. Comptent parmi mes scènes préférées celles où ils construisent l’émission, tous autour d’une table, disséquant l’actualité. Le rythme est soutenu et, n’ayant pas une connaissance très développée des événements de cette époque, plein d’éléments m’échappent, mais je savoure l’énergie et la passion qui se dégagent de ces moments.
Même genre, une de mes scènes favorites, saison 2 épisode 3 : Bel, qui ne se sent pas en sécurité chez elle, vient sonner à la porte de Freddie, et c’est Camille qui la reçoit. Quand Freddie arrive, c’est tout naturellement qu’il vient se poser en face d’une Bel tout ouïe pour lui conter son enquête : pauvre Camille qui s’éclipse en silence, invisible pour ces deux-là, qui n’ont d’yeux que pour l’affaire. Pour l’affaire, et l’un pour l’autre.
N’est-ce pas d'ailleurs la base de leur relation ? Amis de très longue date, combien de temps ont-ils passés ensemble à refaire le monde et l’actualité ? Quand ils se retrouvent après neuf mois d’absence, parler de quoi d’autre sinon de l’actualité ? La vie et le journalisme : entremêlés et inséparables.

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Je parlais de déclarations d’amour il n’y pas si longtemps et, un peu extrémiste, je mettais en doute le concept scénaristique même de son existence. Mais peut-être que The Hour m’a offert ma déclaration d’amour préférée de l’année. (Désolée pour les non-anglophones.)

– Cut you to your core, you'll find news running through your spine. Stuff dinner. Come with me.
– Oh, jump when you want me, you have a wife for that.
– It's over... It's, um... it's just over with me and Camille.
– Freddie...
– I'm not missing her. I'm not missing Camille. I want to. I know that I should, but I'm not.
– I should go.
– I... I miss you. I miss you more. I, um... I wrote you two letters. One from San Diego. One from New York. And I said...
– Freddie...
– Just get on a plane. Just get on a plane and come. And I said... And you... you didn't write back. And I told myself, of course, it's because you love news more. That doing this will always be more important than any man. So I will see you tonight, at El Paradis. Because this is what we do.

Ce n’est peut-être pas une vraie déclaration d’amour, mais je l’ai vécue en tant que telle et elle m’a touchée ainsi. La vie et le journalisme, entremêlés et inséparables. Plus qu’un métier, un mode de vie et une façon d’être : qualités et défauts du journaliste, qualités et défauts de l’être humain, que Bel et Freddie se reconnaissent. Je l’ai écrit et réécrit, j’aime le chemin parcouru par des personnages pour se trouver. Mais j’aime aussi les chemins parallèles, communs, vers un même but. Il y a le pseudo-romantique « je t’aime comme tu es (même si je te connais à peine) » et il y a le « je te connais par cœur, et j’aime tout ce que tu es ». Plutôt irrésistible, comme déclaration.

Écrit par Saru dans Décembre, mon amour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : the hour

16 décembre 2012

Obstacle de mi-parcours

Et le naturel revient au galop.
Alors que je m’étais plus ou moins (plus que moins) engagée à poster tous les deux jours ce mois-ci, j’ai quelques excuses toutes prêtes pour mon silence : semaine chargée niveau boulot, problème électrique… Excuses toutes vraies, mais entre nous, si le temps libre n’est pas extensible, j’avoue avoir sciemment choisi de le consacrer à autre chose qu’à écrire quelques mots sur ce blog.
J’ai par exemple voulu tenter, pour ce mois de décembre, un week-end family drama, Ojakgyo Brothers. 58 épisodes, et j’annonce fièrement que j’en suis au 53e – un exploit pour la versatile que je suis, mais ce drama est si plaisant, il m’en faut un voire deux épisodes par jour. Également, au lieu de vous parler d’amitié, j’ai préféré continué Soredemo, Ikite Yuku, le jdrama que m’a conseillé Kerydwen, tout aussi bon que ce qu’elle m’en a promis.

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J’évoquerai Ojakgyo Brothers (et Soredemo, Ikite Yuku) plus en détail quand j’aurai terminé la série, vous n’imaginez même pas l’état dans lequel me mettent ses épisodes. C’est là que je me rends compte que j’ai pris cette expérience bloguesque par le mauvais bout : je voulais de l’amour, de l’émotion, et pour le moment je n’ai fait que convoquer des souvenirs d’émotions. Gaksital, peut-être, a été le texte le plus facile à écrire, puisque le drama est récent dans mon cœur et que j’en écoute actuellement la BO, revivant un peu chaque jour la tristesse de Kang To, ou la liesse du peuple coréen à chaque apparition de son justicier. Les autres textes, je les ai laborieusement écrits, en essayant artificiellement de récréer les sentiments provoqués par des visionnages plus anciens – et la mémoire n’est pas mon fort.
Je n’abandonne donc pas ce projet, mais j’en change le cap. Je jette la liste des thématiques que j’avais envie d’aborder, et je laisse venir l’émotion que me procurent chaque jour les séries qui défilent sur mon écran.