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01 janvier 2013

Ojakgyo Brothers | De ces personnages qui vous brisent le coeur, encore

Je n’étais pas prête pour la fin d’année et ses bilans, et 2013 ne m’a pas attendue. Je suis néanmoins heureuse de me tourner vers l’avenir, mais je ne laisserai pas 2012 derrière moi sans parler du personnage qui m’a réduit le cœur en miettes l’année passée.
Ojakgyo Brothers est peut-être l’ovni de mon année de sériephile. Ovni tout relatif parce qu’elle reste une série coréenne légère, mais ovni dans mon programme de visionnage parce que c’est une série familiale – j’ai laissé ici quelques-unes de mes vues sur le concept de famille –, à laquelle je me suis engagée – et ai tenu mon engagement ! – sur 58 épisodes. L’aventure fut sympathique, j’ai passé d’excellents moments avec ses personnages, mais elle fut également insupportablement traditionnelle. C’est un postulat de départ évident, j’imagine, quand on commence un weekend family drama mais malgré toutes ses qualités, il n’est pas sûr qu’on m’y reprenne : en fiction, je ne déteste rien tant que voir mes personnages favoris souffrir sous le joug du conservatisme.

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Avez-vous déjà rencontré un personnage qui, loin pourtant d’être la création du siècle, bouleverse soudain la frontière qui sépare votre réalité de spectateur et la réalité fictionnelle ? Ce fut Hwang Tae Hee pour moi cette année, un des « Ojakgyo Brothers ».
Je m’interroge encore : pourquoi ce personnage m’a-t-il fait une aussi forte impression ? Il y a les explications rationnelles :
Son acteur, Joo Won, m’avait impressionnée dans Gaksital. Il n’y était pas complètement à son avantage, livrant une interprétation intense d’un personnage habité, mais il ne m’avait pas échappé qu’il était charmant. Pour Ojakgyo néanmoins, le terme adéquat ne fut pas « charmant », mais « magnifique ». Soit, première raison.
Deuxième raison : Hwang Tae Hee rentre tout à fait dans le cadre de mes archétypes favoris, les introvertis, incapables d’exprimer leurs sentiments, voire cassés émotionnellement. Taciturne, Tae Hee ? Ce n’est rien de le dire : adorable avec sa grand-mère, il se montre le reste du temps d’une réserve à toute épreuve, avec ses parents, ses frères, le monde entier. Ses seuls moments de sincérité s’expriment dans de poignants moments de rage qu’il canalise dans son travail : flic, il passe le plus clair de son temps au boulot, obsessionnel dans ses enquêtes.
Un archétype, oui : combien de personnages de ce genre dénombre-t-on dans nos fictions ? Alors pourquoi celui-ci me toucherait plus qu’un autre ? Ojakgyo Brothers a pour elle d’être très bien écrite, au moins dans les premiers deux tiers de ses épisodes : l’élément perturbateur de l’histoire est Baek Ja Eun, l’orpheline lumineuse qui s’incruste dans cette famille. Chacun des personnages évoluera à partir de cet événement, Tae Hee plus que les autres puisqu’il va se prendre d’affection pour elle, et s’ouvrir à son contact. Classique. L’histoire personnelle de Tae Hee, tragique mais pas inédite, nous est révélée par petites touches, à mesure que le personnage s’ouvre aux autres et à lui-même.

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C’est lors d’une scène entre frères qu’il m’a eue en plein cœur. Les quatre autour d’une table dans un restaurant. Soudain Tae Hee sort de son silence. Depuis longtemps, enfant abandonné recueilli par son oncle, il fait semblant. Semblant d’être un bon petit-fils, un bon fils, un bon frère, mais bien qu’aimé par sa famille, il ne s’est jamais senti légitime, à sa place. Il a toujours fait semblant. Tellement qu’il ne sait plus qui il est, ce qu’il ressent, incapable d’avancer dans la vie et d’engager avec les autres des relations normales. Cette scène est déchirante, et je crois que c’est à partir de ce moment que la moindre des émotions ressenties par Tae Hee est venue me traverser de part en part.
La magie d’une bonne fiction, d’une bonne écriture, d’une bonne interprétation ? Je ne m’explique jamais vraiment pourquoi telle scène de telle série me touche plus que d’autres, mais voici un personnage dont le malheur me fait m’effondrer, et dont le bonheur me fait tout aussi pleurer, de joie. J’en suis arrivée à ressentir les choses à travers son prisme : à haïr son père quand il menace de ruiner son bonheur, à adorer ses frères quand ils le conseillent sur sa vie amoureuse, et à vénérer Ja Eun, qui lui donne enfin l’amour qui lui a tant manqué.

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Ce n’était pas vraiment l’angle sous lequel j’avais prévu d’aborder ce weekend family drama, regardé dans le cadre de mon expérimentation de décembre. Mais il me semblait pas mal de commencer 2013 ainsi : c’est pour ce genre d’émotion que je m’investis dans la fiction, pour ces personnages qui m’en disent tant, sur moi, sur le monde. Et c’est ce que j’aimerais trouver dans les séries qui m’attendent cette année. (Que je vous souhaite la meilleure possible.)

Commentaires

une emotion exceptionnele pour une oeuvre de fiction moderne

Écrit par : Géraldine | 02 octobre 2013

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