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29 décembre 2012

Clara et le Docteur

Voilà cinq ans que Doctor Who est un peu ma lumière au bout du tunnel de Noël. On est le 26 décembre, j’ai survécu, le Christmas Special (bien que souvent en-dessous des autres épisodes) est ma récompense. Je m’étais donc imaginé un petit texte sur Doctor Who autour du 25, mais les vacances de Noël se déroulent souvent indépendamment de ma volonté et, l’ai-je déjà dit ? je suis une inorganisée chronique – je crois que mon mois de décembre va légèrement déborder sur janvier.

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L’amour dans Doctor Who : il n’y a que ça, non ? L’amour du Docteur pour quasiment tout ce qui passe sous ses yeux, les planètes qu’il visite, les gens qu’il rencontre, et pour ses nombreux amis, donc.
J’avais envisagé d’écrire sur Amy Pond et son ami imaginaire, une amitié qui m’a touchée, dont le traitement m'a parfois énervée, bref, une relation qui m’a marquée mais que je n’ai que trop rarement évoquée ici. Et puis survint Clara. Une prestigieuse gouvernante issue du cœur du Londres victorien. Comment ne pas tomber immédiatement sous le charme de ce personnage, tout comme il m’avait fallu une seule scène pour adorer Oswin ?

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J’ai aimé tous ceux qui ont accompagné le Docteur dans ses voyages, ne me demandez pas de choisir. Et si j’aime profondément le Docteur, n’est-ce pas tous ses compagnons que j’aime à travers lui ? Ce qu’ils font ressortir en lui ? Après l’affreux dernier épisode de la première partie de saison 7, on retrouve le Docteur au bout du rouleau. Indifférent, cynique, dépourvu de tout ce qui fait qu’on l’adore. Surgit Clara, donc. Jolie, intelligente, drôle, sensible… des qualités que partagent toutes les partenaires du Docteur ? Puisque je ne connais pour l’instant pas grand-chose du personnage, je me dis que c’est le charme irrésistible de son interprète qui agit. Pourtant, si tout ça ne suffisait pas, Clara est tout de même celle qui redonne le goût d’agir au Docteur. D’agir, d’interagir, de reprendre le chemin de ses découvertes.
Les personnages d’Amy et de River, même si je les ai adorées, même si j’ai adoré leur relation avec le Docteur, ont un peu souffert du fait que leur existence soit bâtie sur un mystère qui construisait une saison (Amy et la saison 5, River et la saison 6). Du coup, j’avoue mes craintes pour Clara Oswin Oswald : j’aurais préféré qu’elle soit seulement cette fille géniale qui se retrouve par hasard sur la route du Docteur, à la Rose ou à la Martha. Mais qu’elle soit cette fille géniale qui redonne vie au Docteur me réjouit déjà.

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22 décembre 2012

Et l'amitié dans tout ça ? | Shut Up: Flower Boyd Band

Si je ne devais garder qu’un seul épisode pour 2012, ce serait celui-ci : Shut Up: Flower Boy Band, épisode 6.
Je m’avance peut-être, je n’ai pas sérieusement considéré tous les épisodes de toutes les séries de 2012. Mais si Shut Up: Flower Boy Band est sans conteste ma série coréenne préférée de 2012, sa place de favorite globale de l’année est quasiment acquise. Et il y a dans cet épisode tout pour faire mon bonheur : de la musique, un peu de romance, et beaucoup, beaucoup d’amitié.
La romance de Shut Up: Flower Boy Band est plutôt adorable. Elle met en scène un héros un peu sauvage (je l’aime tant) et une héroïne qui mérite toute mon affection pour le bonheur qu’elle apporte au héros, mais qui s’avère individuellement très attachante et apprend à s’affirmer au cours de la série. Cette romance est plutôt adorable – et avance d’un bond dans cet épisode –, ils sont tous les deux adorables, mais ce n’est pas le cœur de la série. Le cœur, c’est bien sûr ce groupe d’amis, et son fabuleux leader Ji Hyuk.

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L’épisode voit les membres du groupe se préparer pour un festival de rock où plusieurs groupes vont concourir : Eye Candy a perdu son chanteur il y a peu et ce concert est leur hommage. En réalité, gagner leur importe peu. Et Ji Hyuk, la tête ailleurs, néglige les répétitions, qu’il quitte en plein milieu. Les autres musiciens, prêts à suivre le mouvement, se font interpeller par Hyun Soo, le guitariste : pourquoi la répétition s’arrêterait-elle sous prétexte que le chanteur s’en va ? En feraient-ils de même si la situation se présentait sur scène ? On perçoit ici toute l’importance du groupe pour Hyun Soo, mais ce n’est pas le leadership qui est en question, c’est la motivation de chacun. Pourquoi font-ils partie du groupe ? Pour l’amitié ? La musique ? Autour de cette question pourrait bien se cristalliser de futurs problèmes… que la série réalisera brillamment, je vous le promets.

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Et il faut que je vous raconte LA scène. Celle qui, dix mois après, me hante encore.
Le concert, donc. Eye Candy s’apprête à entrer sur scène. Où est Hyun Soo ? Urgence familiale, il est en retard, il court, la guitare sur le dos et, horreur !, il se fait bousculer par une voiture. Tombe, mains en avant et blesse. Se relève et continue sa course, arrivant juste à temps pour le concert.

Hyun Soo s’est défoncé pour maîtriser ce solo de guitare. Il a séché les cours, s’est entraîné des heures, a subi les critiques des autres membres du groupe – pourquoi Hyun Soo ne laisserait-il pas le solo à Ji Hyuk ? Alors peu importe sa blessure, le guitariste ira jusqu’au bout, pour rendre hommage à Byung Hee, pour faire honneur à son groupe, pour prouver sa valeur.
Solo time. Il grimace, manque quelques notes, et tout à coup Ji Hyuk se rend compte. Il se jette sur Hyun Soo pour l’empêcher de continuer : le guitariste se débat, s’acharne, mais Ji Hyuk le prend dans ses bras et l’immobilise.

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Tout me touche terriblement dans cette scène. Il y a le fait que je ne résiste pas aux personnages silencieux, qui s’expriment avec maladresse ou pas du tout, et dans cette scène, Ji Hyuk le bourru le renfrogné se révèle : sans hésitation aucune, il lâche tout pour protéger Hyun Soo qui lui, fauve blessé, dit toute sa douleur dans son acharnement. La douleur d’être celui à qui le talent ne vient pas naturellement et la douleur d’être l’ami délaissé. Et au fond, qu’est-ce qu’exprime Ji Hyuk dans son étreinte si ce n’est que tout ça n’a pas d’importance, seul compte le bien de son ami ?
Je suis désolée de gâcher cette scène en la racontant si maladroitement. Mais elle vaut que vous donniez leur chance à la série et ses personnages.

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18 décembre 2012

The Hour : Bel, Freddie et le journalisme

Si vous n’avez pas vu l’intégralité de la saison 2 de The Hour, voici venu le moment de fermer l’onglet de votre navigateur Internet.

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Ce n’est pas pour ses intrigues au long cours – d’espionnage en saison 1, de collusions économico-politiques en saison 2 – que j’aime The Hour. C’est pour ses personnages, et la façon dont, en tant que journalistes, ils vont vivre, et retransmettre, ces affaires.
D’ailleurs, la plus intéressante des histoires d’amour de la série est peut-être celle qui lie chacun de ces personnages à son métier et au concept de journalisme. Comptent parmi mes scènes préférées celles où ils construisent l’émission, tous autour d’une table, disséquant l’actualité. Le rythme est soutenu et, n’ayant pas une connaissance très développée des événements de cette époque, plein d’éléments m’échappent, mais je savoure l’énergie et la passion qui se dégagent de ces moments.
Même genre, une de mes scènes favorites, saison 2 épisode 3 : Bel, qui ne se sent pas en sécurité chez elle, vient sonner à la porte de Freddie, et c’est Camille qui la reçoit. Quand Freddie arrive, c’est tout naturellement qu’il vient se poser en face d’une Bel tout ouïe pour lui conter son enquête : pauvre Camille qui s’éclipse en silence, invisible pour ces deux-là, qui n’ont d’yeux que pour l’affaire. Pour l’affaire, et l’un pour l’autre.
N’est-ce pas d'ailleurs la base de leur relation ? Amis de très longue date, combien de temps ont-ils passés ensemble à refaire le monde et l’actualité ? Quand ils se retrouvent après neuf mois d’absence, parler de quoi d’autre sinon de l’actualité ? La vie et le journalisme : entremêlés et inséparables.

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Je parlais de déclarations d’amour il n’y pas si longtemps et, un peu extrémiste, je mettais en doute le concept scénaristique même de son existence. Mais peut-être que The Hour m’a offert ma déclaration d’amour préférée de l’année. (Désolée pour les non-anglophones.)

– Cut you to your core, you'll find news running through your spine. Stuff dinner. Come with me.
– Oh, jump when you want me, you have a wife for that.
– It's over... It's, um... it's just over with me and Camille.
– Freddie...
– I'm not missing her. I'm not missing Camille. I want to. I know that I should, but I'm not.
– I should go.
– I... I miss you. I miss you more. I, um... I wrote you two letters. One from San Diego. One from New York. And I said...
– Freddie...
– Just get on a plane. Just get on a plane and come. And I said... And you... you didn't write back. And I told myself, of course, it's because you love news more. That doing this will always be more important than any man. So I will see you tonight, at El Paradis. Because this is what we do.

Ce n’est peut-être pas une vraie déclaration d’amour, mais je l’ai vécue en tant que telle et elle m’a touchée ainsi. La vie et le journalisme, entremêlés et inséparables. Plus qu’un métier, un mode de vie et une façon d’être : qualités et défauts du journaliste, qualités et défauts de l’être humain, que Bel et Freddie se reconnaissent. Je l’ai écrit et réécrit, j’aime le chemin parcouru par des personnages pour se trouver. Mais j’aime aussi les chemins parallèles, communs, vers un même but. Il y a le pseudo-romantique « je t’aime comme tu es (même si je te connais à peine) » et il y a le « je te connais par cœur, et j’aime tout ce que tu es ». Plutôt irrésistible, comme déclaration.

Écrit par Saru dans Décembre, mon amour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : the hour

16 décembre 2012

Obstacle de mi-parcours

Et le naturel revient au galop.
Alors que je m’étais plus ou moins (plus que moins) engagée à poster tous les deux jours ce mois-ci, j’ai quelques excuses toutes prêtes pour mon silence : semaine chargée niveau boulot, problème électrique… Excuses toutes vraies, mais entre nous, si le temps libre n’est pas extensible, j’avoue avoir sciemment choisi de le consacrer à autre chose qu’à écrire quelques mots sur ce blog.
J’ai par exemple voulu tenter, pour ce mois de décembre, un week-end family drama, Ojakgyo Brothers. 58 épisodes, et j’annonce fièrement que j’en suis au 53e – un exploit pour la versatile que je suis, mais ce drama est si plaisant, il m’en faut un voire deux épisodes par jour. Également, au lieu de vous parler d’amitié, j’ai préféré continué Soredemo, Ikite Yuku, le jdrama que m’a conseillé Kerydwen, tout aussi bon que ce qu’elle m’en a promis.

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J’évoquerai Ojakgyo Brothers (et Soredemo, Ikite Yuku) plus en détail quand j’aurai terminé la série, vous n’imaginez même pas l’état dans lequel me mettent ses épisodes. C’est là que je me rends compte que j’ai pris cette expérience bloguesque par le mauvais bout : je voulais de l’amour, de l’émotion, et pour le moment je n’ai fait que convoquer des souvenirs d’émotions. Gaksital, peut-être, a été le texte le plus facile à écrire, puisque le drama est récent dans mon cœur et que j’en écoute actuellement la BO, revivant un peu chaque jour la tristesse de Kang To, ou la liesse du peuple coréen à chaque apparition de son justicier. Les autres textes, je les ai laborieusement écrits, en essayant artificiellement de récréer les sentiments provoqués par des visionnages plus anciens – et la mémoire n’est pas mon fort.
Je n’abandonne donc pas ce projet, mais j’en change le cap. Je jette la liste des thématiques que j’avais envie d’aborder, et je laisse venir l’émotion que me procurent chaque jour les séries qui défilent sur mon écran.

10 décembre 2012

Quelques nouveaux dramas | King Of Dramas, Jeon Woo Chi, Cheongdamdong Alice & School 2013

Comment pouvais-je résister ? Pouvais-je rester de glace alors que débarquaient sur les écrans coréens une nouvelle comédie romantique avec Park Shi Hoo et un nouveau drama à la Gokusen ?
L’amitié, ce sera pour demain, aujourd’hui, je mets à profit mes visionnages du week-end.

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KING OF DRAMAS.
Y a-t-il une romance prévue dans ce programme ?
Y a-t-il des séries coréennes sans romance programmée ?
L’homme cynique et la jeune femme des rêves pleins la tête, voici un duo peu original, mais c’est un concept qui me plaît généralement assez, à condition que l’héroïne ne se fasse pas constamment maltraitée par le méchant producteur dépressif.
J’avoue n’avoir pas été vraiment emballée par les deux premiers épisodes, mais il paraît que débarque dans le troisième épisode un nouveau venu sympathique, il paraît que la suite est drôle.

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JEON WOO CHI.
Ce drama semble construit sur deux relations-clés pour le héros : son ancien ami désormais ennemi, et son amour perdu. Malheureusement, les deux premiers épisodes sont laborieux, ils se perdent en longues scènes poussives plus explicatives que narratives.
Je pourrais néanmoins continuer pour les quelques interrogations que suscite chez moi l’ennemi juré, et pour le personnage joué par Uee, dont j’espère qu’elle ne restera pas le pion qu’elle semble être pour le moment.

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CHEONGDAMDONG ALICE.
Sans la présence de Park Shi Hoo au casting, je crois que je n’aurais jamais jeté un regard sur ce drama, dont le postulat de base semble si classique. La fille pauvre et le riche prince charmant : quand est-ce que les hautes sphères de l’entertainment coréen (asiatique) (mondial ?) aboliront ce schéma ?
L’héroïne n’a en outre rien de plus que ses autres avatars : ni désagréable, ni attachante, je trouve d’ailleurs tous les autres personnages féminins plus intéressants. Mais puisqu’elle a l’intention de piétiner tous ses principes, je serai là pour un troisième épisode, même si la tendance mélo de la série m’inquiète.
Heureusement, Park Shi Hoo. Oui, mon gros faible pour lui, mais surtout, son personnage est cinglé. Complètement. Ses scènes sont irrésistibles (-ment drôles).

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SCHOOL 2013.
Celle qui m’a pour le moment le plus enthousiasmée. Pas vraiment un Gokusen (heureusement ?), mais il y a toujours dans ces histoires de lycée quelque chose qui me fascine : probablement tous ces adultes en devenir, des personnages qui se construisent réellement sous nos yeux. Parmi ceux-là, Go Nam Soon.
Je mets au défi quiconque de regarder School 2013 sans éprouver un terrible élan d’affection pour ce gamin. Peu importe les futures histoires d’amitié, de famille, les éventuelles romances, quelle qu’en soit la forme, je veux seulement beaucoup d’amour pour Go Nam Soon.

08 décembre 2012

Gaksital, et beaucoup d'amour

Pas le meilleur drama de l’année, mais la meilleure des fins, probablement tous kdramas confondus.

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En matière d’amour, il y a beaucoup de choses que la série n’a pas su, à mes yeux, mener à bien. La romance, notamment, ne m’a pas complètement convaincue, cumulant deux mauvais points.
L’amour d’enfance est un schéma narratif qui me déplaît assez. Comment peut-on me faire croire que pendant toutes ces années, Mok Dan n’a que lui en tête ? Kang To, à la rigueur, a cru la voir tuée sous yeux alors qu’il avait juré de la protéger, je peux comprendre le traumatisme qui hante. Mais quand, des années plus tard (combien ? une quinzaine, peut-être ?), ils se retrouvent et que leurs sentiments n’ont pas changé ? Je n’arrive jamais à ressentir le truc.
Et puis, au niveau de l’écriture, le personnage de Mok Dan n’est pas réellement intéressant : je voudrais de tout cœur l’aimer, parce que sur le papier (et parfois à l’écran, j’avoue), elle est intelligente, agile, passionnée, juste, mais en pratique, elle n’est qu’un pion dans la narration, n’existant que pour se faire torturer, passer des messages, rendre fou Shunji, et faire arrêter Dam Sa Ri.
(J’aurais accueilli volontiers une histoire d’amour entre Kang To et Rie – rien ne m’empêche d’ailleurs de l’inventer dans ma saison 2 mentale.)

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Gaksital est surtout bâti sur une histoire d’amitié qui se délite, Kang To et Shunji devenant de mortels ennemis. J’aurais tant aimé y adhérer plus que je ne l’ai fait, cette série m’aurait alors fait chavirer. Malheureusement, j’ai eu tellement de mal à croire au personnage de Shunji et à son évolution dramatique qu’il m’a été difficile de ressentir toute l’ampleur de la tragédie qui touche les deux amis. Seule leur fin m’a sur ce point satisfaite.

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C’est au niveau familial que Gaksital m’a comblée – je ne peux tout de même pas continuer mon mois de l’amour dans cette veine négative…
Gaksital suit le parcours de Lee Kang To, Coréen vivant sous l’occupation japonaise et qui, pour nourrir sa mère et son frère devenu fou, n’hésite pas à devenir un policier dévoué à la solde des Japonais, se fichant bien de ce que tous ses compatriotes coréens (y compris sa mère) pensent de lui : il faut bien survivre. C’est quand il perd tout qu’il se rend compte de ce qu’il a vainement sacrifié et qu’il prend le masque de Gaksital, le héros défenseur des Coréens opprimés. D’abord par vengeance, puis par conviction, il rallie la cause de la résistance.
Chaque lien familial de la série est très fort, à commencer par l’appartenance de chacun des personnages à la « famille coréenne » ou à la « famille japonaise », Rie en étant une bonne illustration, elle qui, maltraitée par la Corée, trouve refuge au Japon et prend fait et cause pour son nouveau père. (Je crois que Rie était ma préférée, j’aurais voulu beaucoup plus pour elle.) Même chose du côté des autres personnages importants pour l’action : Shunji, transformé par la perte de son frère ; Mok Dan, suivant les pas de son père dans la résistance ; et la résistance elle-même, suivant un leader qui incarne une vraie figure paternelle. Et puis, Kang To, bien sûr.

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Le parcours d’un héros, c’est une thématique à laquelle jamais je ne résiste. La rédemption en est une autre, alors comprenez que le destin de Kang To, un personnage qui part d’assez loin moralement, m’a particulièrement tenu à cœur. Lui que tout le monde déteste, traître aux yeux des Coréens, vulgaire Coréen aux yeux des Japonais, lui qui a tout perdu, en mettant sa vie en jeu, il gagne l’amour de tout un peuple. Ses scènes avec Dam Sa Ri sont de celles qui m’ont fait vibrer : il y a les questions idéologiques, bien sûr, passionnantes pour l’intrigue, mais aussi le sentiment que Kang To a enfin trouvé le regard de reconnaissance qu’il aurait voulu voir dans les yeux de son grand-frère, de sa mère, et probablement aussi, de son père qu’il a perdu très jeune. C’est un père qu’il trouve en Dam Sa Ri, un grand-père en Yang Baek, et une véritable famille en la résistance.
Kang To perdra encore beaucoup en chemin, mais cette incroyable fin, qui m’a émue comme m’émeuvent toujours les images d’un peuple qui se bat pour sa liberté, m’a également touchée pour tout ce qu’il aura gagné, finalement.

Écrit par Saru dans Décembre, mon amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaksital

07 décembre 2012

La famille (coréenne) (et moi)

Malgré tout mon amour pour la Corée, et mon envie d’en découvrir toujours plus sur ce pays, il y a des différences culturelles au-delà desquelles je n’arrive pas à passer. La présence étouffante de la famille dans les séries en est une.
Je ne connais la Corée quasiment qu’à travers ses fictions télévisuelles (et encore, un panel de séries assez restreint, passant majoritairement sur des chaînes publiques) : la représentation de la famille y est-elle fidèle ? J’avoue n’avoir jamais cherché à m’informer plus que ça, j’avoue un certain désintérêt pour le concept traditionnel de la famille.

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J’ai terminé Answer me 1997 la semaine dernière, et la famille de Shi Won fut l’une des plus attachantes que j’ai rencontrées ces derniers temps. Les interactions entre Shi Won et son père, tellement représentatives de l’adolescence, m’ont fait rire et m’ont touchée : ce type de relation n’est pas coréen, il doit être universel. Néanmoins, cette relation, si je l’accepte de bon cœur à l’adolescence, quand elle s’insinue dans l’âge adulte, c’est avec violence que je la rejette.
Prenons Coffee Prince. Une série que j’ai vraiment aimée, avec d’incroyables personnages, relations d’amour et d’amitié. Une ambiance qui, malgré le point de départ peu vraisemblable de l’histoire, sonne vraie. Je reconnais à la série toutes ces qualités (et une merveilleuse bande-son) et elle aurait pu figurer parmi mes éternels coups de cœur. Sans les histoires de famille. Qui seules sont responsables du fait que je ne me suis pas déjà fait plusieurs rediffusions de cette série.
Les origines de Han Gyul donnent bien sûr au personnage une vulnérabilité bienvenue, mais cette intrigue aurait pu être terriblement allégée. Comme la présence constante de sa famille sur son dos. Au niveau professionnel, quand Han Gyul joue les dilettantes avec l’argent familial, je comprends. Au niveau amoureux… inadmissible.
Point de vue très subjectif, j’en conviens : français, et tout à fait personnel. Ces parents qui s’immiscent en permanence dans la vie de leurs enfants, leur imposant des rendez-vous arrangés, s’opposant à des relations avec un parti inconvenant à leurs yeux… c’est le jeu dramatique, je le sais, mais ça me lasse terriblement, quand ça ne me met pas en colère.

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On m’accusera d’individualisme, etc. Mais je ne suis pas dénuée d’humanité. Par exemple, que la famille prenne soin des grands-parents, bien sûr. Allant souvent jusqu’à les héberger, c’est assez culturel également, mais pourquoi pas. Mon vrai problème réside dans la hiérarchie qui règne au sein de ces familles : combien de fois ai-je vu une femme se faire maltraiter par sa belle-mère sous son propre toit ? « De quel droit ? », je m’insurge devant mon écran. J’avoue avoir toujours eu du mal avec l’autorité.
J'ai l'impression que la famille coréenne part du principe de cette énorme dette qu’ont les enfants vers leurs parents. Et la phrase qui entre toutes me fait enrager : « comment as-tu pu me faire ça ? »
Dal Ja’s Spring. La mère de Dal Ja’s découvre que sa fille vit et entretient une relation amoureuse avec un homme sans être mariée. « Comment as-tu pu me faire ça ? »
Ojakgyo Brothers. La mère de Su Yeong découvre que sa fille est enceinte suite à une nuit d’amour sans lendemain. « Comment as-tu pu me faire ça ? Après tout ce que j’ai fait pour toi ? »
Il y a derrière tout ça, je sais, le regard d’une société encore conservatrice. Il y a derrière tout ça l’amour de mères qui s’inquiètent pour le bonheur de leurs filles. Mais le « comment as-tu pu me faire ça ? » part du principe que les enfants doivent quelque chose aux parents. Même le simple principe qu'ils leur doivent d’être heureux (selon une vision du bonheur toute personnelle, mais soit, c’est tout à fait humain), je ne peux pas le comprendre. Est-ce coréen ? Est-ce moi ? Mais quel enfant a demandé à naître ? L’élever, le nourrir, l’éduquer jusqu’à ce qu’il devienne un être humain indépendant, n’est-ce pas ce à quoi s’engagent les parents en mettant un enfant au monde ? Et pourtant, ce serait une dette qu’il faudrait ensuite payer toute sa vie ?

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Les parents et grands-parents jouent à mes yeux dans beaucoup de séries coréennes le rôle de simples outils narratifs, ceux qui mettent des bâtons dans les roues. Et pourquoi pas, s’il y avait une vraie connexion émotionnelle au départ ? Ou alors faut-il partir du principe soi-disant évident que s’il y a un parent et un enfant, il y a automatiquement un amour inconditionnel et réciproque ? Aux spectateurs de remplir les blancs ? C’est seulement de l’écriture paresseuse à mes yeux. Parce qu’il y a des séries, comme Answer me 1997, qui mettent en scène d’incroyables moments – père-fille, notamment – et qui font ressentir de terribles choses aux plus égoïstes d’entre nous.

Ce n’est peut-être pas la Corée qui est en cause, c’est peut-être ma vision très personnelle de la famille. En tout cas, en fiction, celle que je préfère, c’est la famille d'adoption, et la famille de fortune, celle que les personnages se construisent, parfois malgré eux.