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08 décembre 2012

Gaksital, et beaucoup d'amour

Pas le meilleur drama de l’année, mais la meilleure des fins, probablement tous kdramas confondus.

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En matière d’amour, il y a beaucoup de choses que la série n’a pas su, à mes yeux, mener à bien. La romance, notamment, ne m’a pas complètement convaincue, cumulant deux mauvais points.
L’amour d’enfance est un schéma narratif qui me déplaît assez. Comment peut-on me faire croire que pendant toutes ces années, Mok Dan n’a que lui en tête ? Kang To, à la rigueur, a cru la voir tuée sous yeux alors qu’il avait juré de la protéger, je peux comprendre le traumatisme qui hante. Mais quand, des années plus tard (combien ? une quinzaine, peut-être ?), ils se retrouvent et que leurs sentiments n’ont pas changé ? Je n’arrive jamais à ressentir le truc.
Et puis, au niveau de l’écriture, le personnage de Mok Dan n’est pas réellement intéressant : je voudrais de tout cœur l’aimer, parce que sur le papier (et parfois à l’écran, j’avoue), elle est intelligente, agile, passionnée, juste, mais en pratique, elle n’est qu’un pion dans la narration, n’existant que pour se faire torturer, passer des messages, rendre fou Shunji, et faire arrêter Dam Sa Ri.
(J’aurais accueilli volontiers une histoire d’amour entre Kang To et Rie – rien ne m’empêche d’ailleurs de l’inventer dans ma saison 2 mentale.)

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Gaksital est surtout bâti sur une histoire d’amitié qui se délite, Kang To et Shunji devenant de mortels ennemis. J’aurais tant aimé y adhérer plus que je ne l’ai fait, cette série m’aurait alors fait chavirer. Malheureusement, j’ai eu tellement de mal à croire au personnage de Shunji et à son évolution dramatique qu’il m’a été difficile de ressentir toute l’ampleur de la tragédie qui touche les deux amis. Seule leur fin m’a sur ce point satisfaite.

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C’est au niveau familial que Gaksital m’a comblée – je ne peux tout de même pas continuer mon mois de l’amour dans cette veine négative…
Gaksital suit le parcours de Lee Kang To, Coréen vivant sous l’occupation japonaise et qui, pour nourrir sa mère et son frère devenu fou, n’hésite pas à devenir un policier dévoué à la solde des Japonais, se fichant bien de ce que tous ses compatriotes coréens (y compris sa mère) pensent de lui : il faut bien survivre. C’est quand il perd tout qu’il se rend compte de ce qu’il a vainement sacrifié et qu’il prend le masque de Gaksital, le héros défenseur des Coréens opprimés. D’abord par vengeance, puis par conviction, il rallie la cause de la résistance.
Chaque lien familial de la série est très fort, à commencer par l’appartenance de chacun des personnages à la « famille coréenne » ou à la « famille japonaise », Rie en étant une bonne illustration, elle qui, maltraitée par la Corée, trouve refuge au Japon et prend fait et cause pour son nouveau père. (Je crois que Rie était ma préférée, j’aurais voulu beaucoup plus pour elle.) Même chose du côté des autres personnages importants pour l’action : Shunji, transformé par la perte de son frère ; Mok Dan, suivant les pas de son père dans la résistance ; et la résistance elle-même, suivant un leader qui incarne une vraie figure paternelle. Et puis, Kang To, bien sûr.

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Le parcours d’un héros, c’est une thématique à laquelle jamais je ne résiste. La rédemption en est une autre, alors comprenez que le destin de Kang To, un personnage qui part d’assez loin moralement, m’a particulièrement tenu à cœur. Lui que tout le monde déteste, traître aux yeux des Coréens, vulgaire Coréen aux yeux des Japonais, lui qui a tout perdu, en mettant sa vie en jeu, il gagne l’amour de tout un peuple. Ses scènes avec Dam Sa Ri sont de celles qui m’ont fait vibrer : il y a les questions idéologiques, bien sûr, passionnantes pour l’intrigue, mais aussi le sentiment que Kang To a enfin trouvé le regard de reconnaissance qu’il aurait voulu voir dans les yeux de son grand-frère, de sa mère, et probablement aussi, de son père qu’il a perdu très jeune. C’est un père qu’il trouve en Dam Sa Ri, un grand-père en Yang Baek, et une véritable famille en la résistance.
Kang To perdra encore beaucoup en chemin, mais cette incroyable fin, qui m’a émue comme m’émeuvent toujours les images d’un peuple qui se bat pour sa liberté, m’a également touchée pour tout ce qu’il aura gagné, finalement.

Écrit par Saru dans Décembre, mon amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaksital

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