02 décembre 2012

Pourquoi tant d'amour ?

Il serait exagéré d’introduire mon « mois de l’amour » par un article listant tout ce que je n’aime pas dans les comédies romantiques coréennes. Mais je viens d’infliger à mes yeux un énième « faux baiser », avec ses ralentis, ses prises de vue multi-angles, l’héroïne qui se fige, la musique qui s’élève : combien de scènes de ce type devrais-je encore subir avant d’arrêter les romances coréennes ?
En vérité, je suis friande de ce type de drama. L’industrie télévisuelle coréenne a beau nous offrir une belle diversité de programmes, le nombre de comédies romantiques que j’ai vues est indécemment élevé. C’est que j’ai une faiblesse pour les fictions légères, et les Coréens sont des spécialistes de la romance fun aux personnages attachants. Pourtant, même parmi les meilleures d’entre elles, je suis fatiguée de retrouver encore les mêmes ficelles, toujours les mêmes scènes : en vérité, je n’aime pas les grands gestes romantiques, les déclarations épiques, et la musique lyrique censée me faire vibrer. C’est le jeu, oui, ce sont les codes imposés par le genre, oui, mais non merci.

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L’année touche à sa fin, je n’ai pas encore vraiment réfléchi à un bilan, mais parmi les histoires d’amour qui restent avec moi quelques semaines après leur diffusion, il y a celle de Faith. Certes, nous avons dans Faith, comme chez toutes ses collègues, l’existence d’un baiser-cliffhanger-cahier-des-charges – avec toutefois, des circonstances moins banales et une héroïne plus réactive –, mais de déclaration épique, il n’y a point : seulement deux personnages qui se côtoient, se rapprochent, tombent amoureux naturellement, et reconnaissent au fil du temps leur affection mutuelle. La romance la plus efficace n’est pas forcément celle que scénaristes et réalisateurs nous font avaler presque de force avec trucs de mise en scène et lignes de dialogue hyper clichées, elle peut être celle qui s’insinue chez le spectateur comme chez ses protagonistes : elle est là, une évidence.
Alors peut-être que je ne suis pas vraiment une sentimentale. Ou que je suis une sentimentale qui ne s’assume pas. Mais je me fiche un peu de l’histoire d’amour : ce qui m’intéresse, ce sont les personnages, leur chemin pour en arriver là, et leur éventuel bonheur final.

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Voilà, ce qui me rend si perméable aux histoires d’amour, c’est ce schéma narratif classique : l’amour qui fait évoluer mes personnages préférés. Ce qui m’émeut tant dans Faith, ce n’est pas tant l’histoire que Choi Young partage avec Eun Soo que le parcours qu’il accomplit. Qu'il accomplit avec elle et non pour elle, d’ailleurs. Ce n’est pas le concept de « l’amour accomplit des miracles » qui m’occupe, mais comment une rencontre agit comme une étincelle et dévoile le potentiel du personnage. D’un soldat ayant perdu la volonté de vivre, Choi Young devient ce grand général se battant pour son roi et son pays. Et ce n’est qu’une fois qu’il a réalisé son potentiel qu’il s’ouvre à la possibilité de vivre quelque chose avec elle.
Pourquoi tant d’amour ? Pour cette étincelle qui est à mes yeux le meilleur filon narratif de toute fiction.

Écrit par Saru dans Décembre, mon amour | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : faith

Commentaires

Les scènes de baiser dans les kdramas me frustrent au plus haut point. C'est tellement naze.
Bon je dis pas les américains font toujours dans la surenchère mais là ca manque clairement de sincérité...

Écrit par : Nephthys | 03 décembre 2012

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Au moins, ils pourraient utiliser des trucs de mise en scène pour cacher le ridicule... Heureusement, il y a les dramas du câble !

Écrit par : Saru | 05 décembre 2012

Oui il pourrait éviter de faire un gros plan par exemple, ou privilégier un autre angle.
Je n'ai finalement pas regardé beaucoup de dramas du câble...

Écrit par : Nephthys | 09 décembre 2012

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