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30 juillet 2012

A ceux qui ne regardent pas Justified, à ceux qui l'aiment, et à ceux qui l'ont créée

A force de naviguer sur les eaux de la fiction, je nourris parfois une certaine frustration de ne pas avoir dans ma vie le scénariste talentueux qui écrirait mes lignes de dialogue. Par exemple, j'ai toujours rêvé de sortir avec grand sérieux lors d'une conversation : "Le monde se divise en deux catégories..." Mais quand bien même il n'y aurait dans la vie que deux types de personnes – quel que soit le domaine dont on parle –, jamais je n'aurai l'aplomb de soutenir pareille thèse. Et c'est peut-être pour ça que je tiens un blog.
Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui regardent les bonus des DVD, et les autres.

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Ceci dit, adorant les bonus, je ne les regarde pas toujours. D'ailleurs beaucoup moins pour les séries que pour les films. D'ailleurs pourquoi ? Parce que dans une série, je suis plus investie dans l'instant (et dans les personnages, et dans l'émotion), alors que dans un film, je suis plus sensible au schéma global, et donc à la narration et à la réalisation ? Peut-être. Autre débat, prochaine fois.
Certaines personnes n'ont pas particulièrement envie de découvrir l'envers du décor, craignant peut-être que le tout perde de sa magie. Ou préférant garder l'illusion d'un monde qui ne serait pas fabriqué de toutes pièces par un paquet de gens derrière la caméra, je ne sais pas. Je suis plutôt de celles et ceux qui, une fois constaté le lourd travail derrière l’œuvre que j'aime, n'en admirent que plus l'univers créé. Et mon merveilleux coffret DVD de Justified vient tout juste de me le prouver à nouveau.
Je n'ai pas encore mis le troisième DVD dans mon lecteur, mais jusqu'ici, je suis comblée par les bonus. Les commentaires audio sont majoritairement assurés par Graham Yost, le showrunner, et par les scénaristes des épisodes choisis. D'ailleurs, les bonus donnent vraiment la part belle au processus d'écriture. Peut-être parce que la série est l'adaptation d'une nouvelle d'un fameux écrivain ? Pas le genre de bonus aussi inutile qu’exaspérant, genre un making of mettant en scène les meilleurs moments qu'on a de toute évidence déjà vus et les formidables et beaux acteurs qui ne sont au fond que des marionnettes. Cette dernière partie étant bien sûr tout à fait exagérée, surtout venant après constatation de tout ce qu'a apporté Timothy Olyphant au personnage de Raylan Givens. Autre débat, prochaine fois.

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Deux informations du commentaire audio du pilote m'ont carrément ravie : 

  • Le personnage de Boyd devait mourir à la fin de ce premier épisode, Elmore Leonard l'avait apparemment écrit comme ça. Mais lors de test screenings, l'auteur, la chaîne, tout le monde, a réagi tellement favorablement à la relation Boyd-Raylan et à la perfomance de Walton Goggins que les scénaristes ont décidé de le laisser vivre.
  • Une des raisons pour laquelle cette série a été commandée est la scène du "You're the angriest man I know".

J'entends et lis à longueur de journées les avis de beaucoup de monde sur beaucoup d’œuvres (c'est d'ailleurs un de mes grands plaisirs dans la vie, probablement autant que le fait de regarder/lire/écouter moi-même les œuvres en question) et il semble assez évident que, quand bien même beaucoup de gens aiment une œuvre, ils peuvent l'aimer pour un paquet de raisons différentes. Mais voilà, ici, un truc qui n'arrive finalement pas si souvent : je regarde cette série pour précisément les mêmes raisons que l'écrivent ses scénaristes. C'est probablement pour ça que je l'aime tant.
Alors je devrais avoir confiance. J'ai jusqu'ici seulement regardé le premier épisode de la troisième saison, et deux fois, comme si je n'avais pas vraiment envie d'avancer – n'est-il pas évident que je ne peux qu'être déçue par la suite ?
Pourtant, en regardant une nouvelle fois ce premier épisode de la troisième saison, un autre commentaire de Graham Yost me revient : quand ils ont planché sur la deuxième saison, ils sont revenus sur le pilote pour voir ce qui, toujours à partir du matériau de base, pouvait être extrait et développé. Les interactions Ava/Boyd viennent de là. Exemple typique d'une intrigue qui en théorie poserait des doutes sur sa faisabilité/crédibilité mais qui semble naturelle, parce qu'ils ont pris la peine de vraiment bâtir quelque chose. Et en commençant cette troisième saison, je vois toujours les parallèles tracées à partir de ce fameux pilote : des situations aux allures de déjà-vu qui fonctionnent si bien grâce également à leur différence, tant de cartes ayant été redistribuées au cours de ces deux dernières saisons.

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Je ne devrais pas m'étonner de tout le travail qu'il y a derrière une série, et il y aurait une forme d'ingratitude à se dire "je ne me doutais pas qu'il y avait tant de réflexion derrière cette simple scène" – je regarde d'ailleurs des séries depuis suffisamment longtemps pour ne plus jouer les naïves. Mais peut-être aussi qu'il y a une forme de gratitude derrière ce pseudo-étonnement : le principal n'est-il pas d'y croire et de se laisser emporter ? Donc soit, je suis prête à croire que la saison 3 sera tout aussi formidable. Merci en tout cas pour les précédentes.

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