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21 juillet 2012

Suits S02E05 - Harvey Specter, ce héros ?

Je retire ce que j’ai précédemment écrit sur Mike Ross.
Non, bien sûr, je ne retire rien, mais j’attends la fin de la saison 2 pour formuler une opinion plus définitive sur son personnage, parce que le dernier épisode nous a présenté un Mike que j’aimerais beaucoup retrouver dans les prochains épisodes, un Mike qui s’affirme indépendamment d’Harvey.
L’affaire qui l’occupe dans cet épisode – l’émancipation d’un tennisman de 16 ans contre un père qui ne veut pas le laisser passer pro – est d’ailleurs jouée en parallèle de sa propre situation chez Pearson/Hardman : Mike veut aller au procès seul, malgré les réserves d’Harvey.
Ce qui m’a le plus intéressée, c’est que cette évolution va de pair avec la destruction annoncée du mythe qu’a construit la série avec le personnage d’Harvey.

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J’ai détesté cet épisode.
Oui, bien sûr, je l’ai adoré, mais de quel droit m’a-t-il brisé le cœur ?
À la fin de l’épisode 4, quand Donna réalise la terrible erreur qu’elle a commise, j’étais dans tous mes états. Parce que j’adore le personnage de Donna et que j’étais angoissée pour elle, oui, mais aussi parce que Suits n’est pas une série qui est censée me faire ressentir tant de choses. Devant un épisode de Suits, les seuls sentiments que j’accepte sont : le rire que provoque chez moi chacun de ses excellents personnages, et l’attirance que j’éprouve pour l’un des personnages les plus appétissants sur mon écran actuellement. Donc le malaise ou la peur pour l’avenir d’un personnage ? Ah non, désolée, ce n’est pas le contrat que j’ai initialement passé avec la série.
Mais soyons raisonnables, rien ne pouvait arriver à Donna, parce qu’Harvey est le type capable de régler n’importe quel problème, Harvey est notre héros.

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Le statut de héros d’Harvey n’est réellement établi qu’aux yeux des spectateurs : tous les autres personnages l’admirent, évidemment, mais sur cette admiration aurait tendance à l’emporter l’agacement que provoque son arrogance. Même Mike, pour qui il est un mentor, remet en cause son autorité à chaque épisode. L’épisode de cette semaine est peut-être le seul épisode où, face à Donna (c’est d’ailleurs à ce moment précis que j’ai oublié tout le désintérêt que j’ai pu éprouver pour lui dernièrement) puis face à Rachel, Mike avoue sa confiance aveugle en Harvey. Harvey’s going to fix it.  (J’ai évoqué plus haut le fait qu’il s’affirme indépendamment d’Harvey : à mes yeux, c’est comme si, en avouant enfin la supériorité d’Harvey, il pouvait enfin commencer à se construire une identité propre.)
On peut être dérangé par le fait que Donna, ultra professionnelle, et qui connaît Harvey depuis beaucoup plus longtemps que Mike, n’ait pas eu la même confiance et ait ainsi commis la pire des bourdes. Mais pour Donna, Harvey n’est pas un héros : son job à elle, c’est de l’assister et, au fond, de prendre soin de lui. (Donna est un peu à Harvey ce qu’Alfred est à Bruce Wayne – non, je n’ai pas oublié l’allusion au Wayne Manor dans la saison 1 !) Malgré la hiérarchie supposée, la série nous les montre quasiment comme des égaux, et c’est seulement dans cet épisode que Harvey met les choses au point : You don’t keep things from me. / You keep things from me all the time! / That’s because I’m your boss! Mais Donna le connaît mieux que personne, elle doit savoir mieux que personne qu’il n’est pas infaillible et c’est ainsi, pour la deuxième fois de la série, qu’elle éprouve le besoin de le protéger.

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L’ironie de la chose, c’est que si elle avait cru en lui, il aurait certainement pu triompher. Il en va d’ailleurs ainsi de la construction de tout héros, et j’avoue que c’est un des ressorts de fiction qui me touche le plus, ne me lancez pas sur la scène des grues dans The Amazing Spider-Man.
Au lieu du triomphe d’Harvey, Suits nous offre donc une scène finale qui a certainement atteint droit au cœur tous les spectateurs : Donna défaite, et Harvey qui montre des premiers signes de faiblesse, sous les yeux de Mike, incrédule.
Il est évident qu’en tant que spectateur, nous brûlons de découvrir ce qui se cache sous l’armure d’Harvey Specter – la série nous offre depuis le début des indices sur son rôle de grand-frère, ou sur l’absence de sa mère –, mais les faiblesses ne sont pas incompatibles avec le statut de héros, et j’ai en ce moment bien besoin de croire en Harvey, de croire qu’il sauvera Donna.

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Écrit par Saru dans Presque une review | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : suits

Commentaires

J'ai attendu que l'épisode 6 soit sorti avant de regarder l'épisode 5 tellement j'avais peur après ton article... ça n'a rien changé aux malheurs de Donna et ça m'a bien traumatisé (et ils ont tué le chat de Louis ! C'est des sadiques ces scénaristes) mais l'épisode 6 redonne un peu la pêche...

Écrit par : K. | 30 juillet 2012

(Hum. Je vois que tu as le sens des priorités !^^)
Et sinon, j'ai malencontreusement vu une photo "spoiler" de l'épisode 8... c'était Donna jeune, youhou !

Écrit par : Saru | 30 juillet 2012

Les commentaires sont fermés.