Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17 mars 2012

Challenge Sherlock Holmes | Le Signe des quatre

Cher cocaïnomane, nous nous rencontrons enfin. Ne croyez pas que ce soit la seule chose que j'ai retenu du Signe des quatre ! Mais l'usage de la cocaïne fait partie de ces informations de notoriété publique même pour le plus ignorant des lecteurs, et puisque ce n'est pas un des points les plus abordés dans les dernières adaptations, j'avais hâte de voir comment était traitée la chose dans le matériel d'origine.

– Le partage semble plutôt injuste ! C’est vous qui avez fait tout le travail dans cette affaire. À moi, il échoit une épouse ; à Jones, les honneurs. Que vous reste-t-il donc, s’il vous plaît ?
– À moi ? répéta Sherlock Holmes. Mais il me reste la cocaïne, docteur !
Et il allongea sa longue main blanche pour se servir.

1710452886.jpg

J'ai pris autant de plaisir à découvrir le vrai Sherlock Holmes dans ce deuxième roman que j'en avais pris à la lecture d'Une étude en rouge, vivant toujours ses incroyables déductions comme les meilleurs moments du livre. Néanmoins, je n'ai, une fois de plus, pas été véritablement emballée par l'intrigue. A partir de bons prémisses – une disparition, un secret familial, un trésor et un meurtre, rien que ça ! – Holmes résoud bien vite l'affaire et mon intérêt s'émousse quand il ne s'agit plus que d'attraper le coupable et de lire le récit de ses confessions.
Je crois que je vais préférer la lecture des nouvelles, dont le format court pâtira moins d'une structure narrative qui semble ne pas me convenir dans les écrits de Conan Doyle.

Néanmoins, nous rencontrons lors de cette aventure la future femme de John Watson, Mary Morstan. Je n'avais jusqu'ici rencontré que la version cinématographique de Guy Ritchie, qui m'avait beaucoup plu. Vu l'univers/l'époque sexiste dans lequel elle apparaît et la misogynie très prononcée du héros de Conan Doyle, je n'avais pas beaucoup d'espoir pour son personnage, mais elle s'avère intéressante. Jusqu'ici, Steven Moffat et Mark Gatiss font de John un tombeur mais je serais assez curieuse de voir quelle version du personnage de Mary ils pourraient nous proposer.

3179923886.jpg

Une chose m'a tout de même frappée, à la lecture de ce livre. J'ai eu l'occasion de l'écrire, je ne suis qu'une ignorante en matière de canon holmésien et du coup, mon Sherlock Holmes est celui de la série. Ainsi, quand, à plusieurs reprises lors de ses interactions avec Mary Morstan, Sherlock Holmes se montre gentil avec elle – oui, gentil, j'aurais dû noter les passages en question –, j'avoue que ça m'a laissée perplexe. S'il y a bien un qualificatif qu'on ne pourrait jamais associer au Sherlock de Cumberbatch, c'est bien l'adjectif "gentil". Y a-t-il une once de sympathie chez lui ? Il est en tout cas complètement dénué d'empathie. Au vu de ses capacités d'observation et de déduction, de la nécessité qu'il a parfois de jouer la comédie, il n'y a pour moi aucun doute qu'il connaît toutes les règles de savoir-vivre en matière de relations humaines et qu'il choisit simplement de ne pas mettre en pratique ses connaissances théoriques.
Prenons les deux autres Sherlock Holmes que je connais. Le comportement du Holmes de Robert Downey Jr. avec Mary Morstan est clairement peu aimable, mais il n'est à mes yeux que le résultat d'une jalousie, il rechigne à l'idée de partager son meilleur ami. Je le qualifierais peut-être de "fantasque" et "puéril", mais il est tout à fait sympathique. Le Sherlock Holmes russe est un peu du même genre. Pas aussi capricieux, mais il se montre facétieux avec Watson, et avenant avec ses clients.
Tous ces Sherlock Holmes partagent bien sûr un côté arrogant, mais à la lecture du Signe des quatre, un Sherlock quasiment dénué d'humanité devient donc à mon sens un choix délibéré de la part de Gatiss et Moffat. Ça fonctionne bien et ça donne plus de consistance à un John qui gagne en humour, mais c'est un éclairage intéressant sur la série que vient m'apporter cette lecture.

2162810910.jpg

La prochaine sera celle d'Un scandale en Bohème et ce sera l'occasion parfaite d'étrenner mon Blu-ray de la saison 2.

Écrit par Saru dans Challenges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sherlock

Les commentaires sont fermés.