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31 janvier 2012

Sherlock, saison 2 | J'aime j'aime pas

Je suis allée voir Sherlock Holmes, jeu d'ombres ce week-end et je n'en reviens pas de m'être infligée deux heures de souffrance alors que le premier opus m'avait déjà royalement ennuyée. Comparée à ces films, la série Sherlock tient du chef d’œuvre.
Pourtant, j'ai terminé chaque nouvel épisode de cette deuxième saison avec déception. Avec frustration. Avec le sentiment que ça aurait pu être tellement mieux.
Pourtant, à en croire ma liste d'épisodes vus en 2012, je me suis empressée de les revoir à nouveau.
Pourtant, je me suis replongée dans l’œuvre d'Arthur Conan Doyle.
Alors voilà, j'ai une position tout à fait ambivalente concernant cette deuxième saison, et il me semblait plus simple de jouer au jeu du "J'aime j'aime pas". Sans éviter les spoilers.

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J'aime : Sherlock Holmes, le personnage

De toute évidence.
En réalité, qui n'aime pas Sherlock Holmes ? Irrésistiblement brillant ou, comme le dit si bien Irene Adler, "brainy is the new sexy". Pourtant ce n'est probablement pas son intelligence qui me plaît le plus dans la série, mais son côté autiste et, à renfort de répliques savoureuses, ses relations avec les gens. Malgré lui, Sherlock est également irrésistiblement drôle.

Je n'aime pas : Sherlock Holmes, le porte-parole de Steven Moffat

J'en ai marre de ce Moffat qui cherche plus que tout à éblouir le stupide téléspectateur par l'intelligence de son scénario alors que tout ce qu'il fait, c'est mettre dans la bouche de ses personnages brillants une logorrhée qui perdra le spectateur et lui fera seulement croire à la brillance d'une intrigue finalement médiocre. J'avoue, je ne suis peut-être plus vraiment centrée sur Sherlock, j'avoue, je suis peut-être en train de verser ici toute ma rancoeur contre la saison 6 de Doctor Who. Mais j'évoquerai les intrigues médiocres plus bas.

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J'aime : Watson, Lestrade, Mrs Hudson, Molly...

Serait-il possible que je me fiche un peu des mystères, des enquêtes et des criminels auxquels je préfèrerais tous ces merveilleux moments d'interaction entre les personnages ? Watson qui blogue et Sherlock qui lit par-dessus son épaule. Le nonchalant Lestrade qui prend quelques jours de vacances avec ses détectives favoris. Mrs Hudson qui trouve les pires horreurs dans le frigo de Sherlock. Molly qui passe pour Noël. Et un millier de petites scènes qui me font jubiler derrière mon écran. Cette galerie de personnages est une des plus grandes réussites de la série, reconstituant presque une famille qui me manque déjà.
Je ne suis pas totalement conquise par Mycroft, mais je ne crois pas que ce soit le but du personnage...

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Je n'aime pas : Moriarty

Je suis désolée, j'ai vraiment essayé. A la fin de la première saison, je le trouvais plutôt fun. Aujourd'hui, je ne supporte plus de le voir, et encore moins de l'entendre. Je ne sais pas si c'est l'interprétation qu'en fait Andrew Scott ou l'écriture du personnage, mais je trouve ce Moriarty complètement raté. J'écrivais en introduction combien j'avais détesté le film mais leur Moriarty est beaucoup plus réussi.
Que sommes-nous, spectacteurs, censés éprouver devant lui ? Vu ce qu'il fait subir à nos personnages chéris, probablement de la peur, et certainement de la haine, mais il y a des méchants qu'on aime haïr et il y a les méchants de type Moriarty. En faire un fou n'était pas forcément une mauvaise idée : imprévisible, flippant. Ici, je vois juste un gamin capricieux et chaque face à face avec Sherlock – tout l'inverse de Moriarty, bien écrit et très justement joué par Benedict Cumberbatch – tombe à plat. La scène finale fut à ce titre éprouvante, certainement pas dans le bon sens du terme.

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J'aime : la réalisation

La réalisation de Sherlock meriterait un post à elle seule. Et peut-être que je le ferai, d'ailleurs, avec un millier de captures d'écran de ces plans incroyables, de ces trouvailles visuelles – auxquelles le genre de l'enquête se prête particulièrement bien, cette vidéo en est une parfaite illustration –, de ce montage de fou. (Plus difficile à montrer en captures d'écran, le montage.) Et bien sûr, une photographique époustouflante.
Sherlock est une merveille visuelle.

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Je n'aime pas : les scénarios

Soyons honnêtes, je ne nie pas les qualités de scénariste de Steven Moffat ni ne renie ses précédents travaux. Soyons justes, il n'est pas le seul scénariste de la série. Soyons réalistes, la qualité des intrigues n'était pas à mes yeux le point fort des histoires de Conan Doyle, du moins celles que j'ai lues.
J'ai déjà évoqué tous ces personnages que j'adore dans la série et je commence ainsi chaque épisode heureuse de les retrouver. (Sauf quand, épisode 3, c'est avec Moriarty que je suis accueillie. Bref.) Les débuts des épisodes sont généralement très drôles, accumulant les références bien placées – le premier épisode est à ce titre brillant, des titres de livres modernisés (mention spéciale pour The Geek Interpreter/The Greek Interpreter) à l'utilisation du deerstalker. Et puis arrive le gros morceau, le morceau problématique, où il s'agit de mettre un place un mystère à résoudre. Ma principale récrimination : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

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A mes yeux, un des majeurs problèmes de l'écriture de Moffat et Gatiss, c'est qu'ils cherchent à nous bluffer bien avant de nous divertir.
Prenons Irène Adler. Adaptation tout à fait réussie du personnage, elle est forte, charismatique, ses échanges avec Sherlock sont épiques. Les histoires de terrorisme et d'espionnage étaient-elles censées m'impressionner ? J'y ai perdu l'émotion, l'intérêt, puis le plaisir.
Prenons le chien des Baskerville. Comme dans le roman, une véritable ambiance. Et puis, on a cet attachant jeune type traumatisé, pourquoi pas ? Sauf que ah ! ah ! nous sommes plus intelligents que ça, nous vous offrons... des expériences scientifiques ! Oh brillant, vraiment brillant. Sauf que non pas vraiment, j'ai trouvé la volonté de vouloir prendre à contrepied le spectateur si peu subtile qu'elle en devient assez inefficace.
Prenons... Bon, en réalité, j'ai beaucoup aimé l'intrigue du troisième épisode et trouvé très intéressante l'idée de faire tomber Sherlock au sens figuré comme au sens propre – The Reichenbach Fall. Mais Moriarty. (Quel moment terrible que celui où, s'il répètait une fois encore "the problem, the final problem", je m'arrachais les yeux et les oreilles : voici donc une très mauvaise référence à l’œuvre de Conan Doyle.)
Ils ont ce super matériel de base, en commencent une adaptation moderne, merveilleusement inventive. Jusque là je les suis. Mais tout à coup, ils se disent "Et si on allait plus loin que ça ? On a quand même 1h30 à combler !" Et si le vrai problème de ces scénarios était le format ? J'aime Moffat pour ses scénarios parfaitement calibrés mais il m'offre avec Sherlock des pépites diluées dans un milliard de péripéties épuisantes.

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Je suis complètement désolée de finir sur une note si négative. En réalité j'adore Sherlock, ma frustration ne fut qu'à la hauteur de mes attentes.
Je serai là pour la saison 3. En attendant, je partage avec vous une vidéo sur ce troisième épisode qui m'a beaucoup plu, même si elle est complètement hors sujet (mais complètement spoilerisante).

Écrit par Saru dans Presque une review | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : sherlock

Commentaires

Bon, je suis vraiment d'accord avec ton analyse. J'ADORE cette série et en même temps, je leur en veut de cette surenchère d'effets d'intrigue alors que l’intérêt n'est pas là !
Les personnages sont merveilleux alors pourquoi imposer rythme effréné et rebondissements alors que tout ce que l'on souhaite, c'est de les regarder vivre !
Tu crois que les scénaristes se disent 'oh la la, il faut un truc compliqué pour qu'ils comprennent rien et qu'on voit que Sherlock est ultra intelligent' ?
La fin m'a beaucoup déçue également... Franchement à ce niveau de Cliffhanger, la fin de la saison 3 va devoir se terminer sur l'extermination de la race humaine...

Écrit par : K. | 01 février 2012

Je n'ai pas été déçue tant que ça par la fin (c'est l’adaptation de la nouvelle, après tout, et d'ailleurs, c'est marrant que le film prenne aussi cette nouvelle comme point de départ), mais par contre j'aurais voulu un meilleur cliffhanger, du genre, on ne voit pas que Sherlock est vivant. Bon, on l'aurait su quand même, bien sûr, mais ça casse un peu le côté dramatique du truc. Watson est complètement touchant avec son "I was so alone and I owe you so much", ça ne nous aurait pas fait de mal de nous complaire un peu dans la tristesse mais voilà, ils nous balancent un Sherlock vivant et du coup on se dit que c'est quand même un beau connard de faire subir ça à son seul ami... Bref, on dirait que je continue mon texte...^^

Écrit par : Saru | 02 février 2012

Ah ! Je suis totalement d'accord pour la fin ! J'ai été très déçue moi aussi de le voir "vivant" à la fin. J'aurais préféré voir juste l'ombre de sa silhouette sur la pierre après le départ de Watson ou alors un pan de son manteau derrière un arbre ou bien juste une ombre qui passe dans une ruelle ... Quelque chose de plus subtil, qui montre que Sherlock est en vie mais qui laisse dans le doute quand même...

Écrit par : Filipa | 04 février 2012

Et même si le film nous fait le même coup, c'est beaucoup plus réussi, surtout que c'est fait avec une bonne grosse dose d'humour !

Écrit par : Saru | 05 février 2012

Je suis d'accord et pas d'accord avec ton billet. Réalisation, personnages secondaires, j'appouve !
Pour les intrigues, moi j'ai aimé, parce qu'à aucun moment je ne me suis dit "tout ça pour ça" comme ça a été souvent (toujours!) le cas dans Doctor Who. Qui plus est, les "thèmes" utilisés à chaque fois sont tous des plus actuels, le terrorisme, les expériences scientifiques, ces théories de complots perpétuels - j'ai aimé d'ailleurs toutes les petites références à des faits réels ! (et puis ils nous permettent de voir Mycroft souvent)(et Mycroft il est cool ^^)

Par contre, je trouve que ces intrigues parallèles prennent tellement de place que tous les autres personnages sont relégués au second plan. On a quand même de belles scènes (Sherlock et Mrs Hudson et son "England would fall" en tête) mais pas assez. Les personnages secondaires sont tout aussi importants, ils méritent plus de présence à l'écran (j'ai aimé d'ailleurs l'épisode 2 et les passages centrés sur Henry)(ça manquait d'Anderson aussi...)

Pour Moriarty, pareil, je l'aime. J'aime son côté psychopathe, autiste, son côté "criminel consultant" et double maléfique de Sherlock. Et je suis fascinée par sa raison d'être : il fait tout ça parce qu'il s'ennuie. Un peu comme Sherlock qui a absolument besoin d'une enquête pour ne pas dépérir au risque d'exploser les murs. Il est le grand méchant de l'histoire parce qu'il est le seul à pouvoir se mesurer à Sherlock. Si Sherlock n'était pas aussi intelligent, Moriarty n'en aurait rien à faire et ne chercherait pas toujours à attirer son attention. Moriarty est le chef, mais en même temps il a des chefs au dessus de lui (voir ep.1, Irene Adler qui l'empêche de tuer Sherlock), il n'a aucun sentiments, il veut juste passer le temps, jouer et gagner. Et puis, j'aime sa capacité à être Moriarty un instant puis Richard Brooke la seconde d'après puis re-Moriarty. Non vraiment, j'aime ce Moriarty si "banal", qu'on ne remarque pas, mais qui peut faire des tas de choses. (Et j'avoue, j'aime Andrew Scott tout court ^^)

Pour ce qui est de Sherlock, pareil que toi : j'aime et j'aime pas. J'aime son asociabilité, son presque-autisme, sa relation avec les autres, son humanité pas évidente mais pourtant bien là.
Par contre, en effet, je l'ai trouvé trop "trop". Ok, il aime jouer les "showing-off" mais pas besoin non plus de mettre ça en avant toutes les 5 min ! C'est tellement mieux quand c'est pas du tout intentionnel, quand il sort ça comme si c'était une évidence ou alors au détour d'une phrase (épisode 1, avec le briquet) plutôt qu'un simple moyen de mettre en avant son intelligence. Et j'ai absolument pas compris son comportement au début de l'épisode 2... depuis quand il devient hystérique quand il n'a pas de cigarettes ? Depuis quand se met-il à fumer quand il n'a pas d'enquête ?? Il est où le Sherlock qui tire dans le mur et se couche sur le canapé quand il s'ennuie ?? Non vraiment, j'ai l'impression d'avoir raté un truc là...

Bref, j'ai aimé, beaucoup, mais j'ai aussi trouvé qu'il manquait "le premier truc qui fait que". Moffat a intérêt à se calmer pour la suite, je ne veux pas qu'il fasse de Sherlock un autre Doctor qui sait tout sur tout.

Et donc voilà, c'était mon premier (et long)(et sans doute pas dernier) commentaire sur ce blog que je lis depuis sa "renaissance" ^^

Écrit par : Filipa | 02 février 2012

Tu n'imagines pas comme ça me fait plaisir de découvrir que tu lis mon blog parce que je suis une lectrice assidue (et quasiment silencieuse) du tien ! D'ailleurs, en commençant la lecture de ton commentaire, je me suis dit que tu allais me lyncher parce que je connaissais ton amour pour Andrew Scott... :)

Alors oui, c'est un truc que j'ai oublié de mentionner dans mon post (j'ai essayé, mais je ne suis pas très douée pour organiser ma pensée et donc mon écriture !), mais j'ai beaucoup aimé Richard Brooke. Tout comme l'idée de décrédibiliser Sherlock était super, la création de Richard Brooke était vraiment bonne. C'est le seul moment où je me suis dit que Moriarty était vraiment bon et j'aurais aimé que le personnage soit plus ainsi, dans la subtilité. C'est dans la subtilité qu'il est le plus flippant.

Quant à Mycroft... je le trouve très bien comme personnage, et ses échanges avec Sherlock sont géniaux, mais je n'arrive pas vraiment à l'aimer, je me trouve en sa présence étrangement protectrice de Sherlock et il le malmène un peu trop à mon goût !^^
D'ailleurs, je ne connais pas du tout le Mycroft des livres, je ne suis apparemment jamais tombé sur lui... Je devrais faire ton challenge Sherlock Holmes ! :)

Même chose, son comportement au début du deuxième épisode... huh ?! J'ai adoré la scène où il rentre complètement ensanglanté, mais ça c'était juste que je ne dis jamais non à une scène hilarante, parce que son attitude était complètement "out of character", en tout cas pas du tout comme le personnage nous avait été présenté jusqu'ici.

Cher Steven Moffat, écoute notre prière, plus de personnages secondaires pour la 3e saison ! (Et une meilleure nouvelle saison pour Doctor Who !)

Écrit par : Saru | 02 février 2012

Oh non, je ne lynche personne moi. J'accepte tous les points de vus tant qu'ils sont argumentés (ce qui est le cas ici) et qu'on essaye pas de me faire changer mon point de vue ^^

Pour Moriarty, c'est ça que j'aime en lui justement : c'est qu'il peut être tout en subtilité, mais totalement déjanté en même temps !! Il en aurait presque des tendances schizophrène en y réfléchissant...

Pour Mycroft, il n'apparait que dans quatre nouvelles en fait, c'est peut-être pour ça que tu ne l'as pas encore "rencontré" ! Et oui joins-toi à nous pour le Challenge ^^ Ou le swap ! Ça ne te dit pas le swap ? (non parce qu'il me manque UNE personne pour avoir un nombre pair en fait ^^)

Aaah, ravie de voir que je ne suis pas la seule à avoir été surprise par cette scène !!!

Et je plussoie pour Doctor Who...

(Et sinon, je suis allée voir Sherlock Holmes 2 hier soir et j'ai bien aimé moi)(même si le 1er était mieux)(mais j'expliquerai tout ça dans un billet dessus ce week-end ;-) )

Écrit par : Filipa | 04 février 2012

(Oh mince, je m'étais pas rendue compte en l'écrivant qu'il était SI long...)(désolée)

Écrit par : Filipa | 02 février 2012

Et non, vive les longs commentaires ! :D

Écrit par : Saru | 02 février 2012

J'adore cette série et à vous 2, vous avez réussi à mettre le doigt sur ce qui me gêne à chaque épisode : le côté alambiqué des intrigues (alors que les scénaristes pourraient faire plus simple et plus efficace) et une réserve sur le jeu de Moriarty ...

Cependant, je peux expliquer, je pense, le comportement de Sherlock au début du 2ème épisode : dans les romans de ACD, Sherlock Holmes est accro à la cocaïne qui lui sert d'exutoire lorsqu'il n'a pas d'affaire et qu'il s'ennuie. Les cigarettes sont un vice plus avouable à la TV probablement ...

Écrit par : Mrs Figg | 09 avril 2012

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